MANGA : L’Ile du temps


Scénario de Takashi Sugimoto – Traduction de Thibaud Desbief – Dessins et couverture de Naotsugu Matsueda
Novembre 2016 – 256 pages
Éditeur : Komikku Éditions – komikku.com

Totalement abandonnée, l’île de Yagô  est considérée par beaucoup comme maudite. Une légende raconte que toute personne qui tombe dans son lac souterrain ne réapparaît que cinq ans plus tard. C’est le lac de l’oubli enfoui au cœur de l’île du temps. Désertée par ses habitants et fermée au public depuis des années, Yagô a tout naturellement été choisie par une équipe de tournage de la télévision qui réalise une série de télé-réalité autour de bâtiments abandonnés. Alors que le bateau qui les a conduits jusqu’à l’îlot isolé s’éloigne, les neuf membres du groupe s’apprêtent à passer vingt-quatre heures loin de la civilisation. Ils se préparent à filmer lorsque Jun Sakura l’assistant de production reçoit un message vidéo sur son téléphone. Un individu au visage entouré de bandelettes comme une momie lui annonce que tous ceux qui sont sur l’île vont mourir.


Petite maison d’édition créée en 2012, Komikku se démarque des autres éditeurs de mangas français par un catalogue plus réduit et forcément plus sélectif. Née comme Tonkam en son temps, de la passion d’un libraire spécialisé en manga et culture japonaise, Komikku n’est pas associée à un éditeur nippon en particulier et fait ses emplettes auprès de diverses maisons d’édition.


Le one-shot
L’île du temps a ainsi été publié au Japon en 2013-2014 par AlphaPolis sous le titre Jikantô. Si le scénariste Takashi Sugimoto est totalement inconnu en France, ce n’est pas le cas du dessinateur Naotsugu Matsueda dont la série en trois tomes Persona est parue chez Akata/Delcourt en 2003. Son trait classique ne surprend pas, mais parvient à imposer l’ambiance inquiétante qui convient à ce huis clos mortel par une bonne utilisation des trames et du noir et blanc. Quant au scénario de Takashi Sugimoto, s’il fait tout naturellement penser aux Dix petits nègres d’Agatha Christie, l’ajout d’une dose de paradoxe temporel et le retournement final le rend particulièrement original et plutôt futé.
En ne diluant pas l’intrigue de L’île du temps sur plusieurs volumes, Sugimoto et Matsueda font le bon choix et offrent à lire un thriller de type survival fidèle à la tradition sur la forme, avec les morts qui se succèdent, jusqu’au twist final surprenant.

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