COMIC BOOK : Captain America : Steve Rogers n° 19


Scénario de Nick Spencer avec Donny Cates – Dessins de Javier Pina et Andres Guinaldo – Couleurs de Rachelle Rosenberg – Couvertures de Jesus Saiz (A) et Jim Lee (B)
September 2017 – 32 pages
Éditeur : Marvel Comics (USA) – marvel.com

Officiant sur les séries Captain America : Sam Wilson, Captain America : Steve Rogers et Secret Empire, le scénariste Nick Spencer (Morning Glories chez Image Comics) a réussi à transformer le plus iconique des super-héros en plus grand traître de l’histoire des comic books. Au fil des épisodes de ces trois séries, le lecteur effaré a appris que Steve Rogers était un agent dormant de la maléfique organisation Hydra. La conspiration initiée par Red Skull porte ses fruits lorsque, après s’être emparé des commandes du S.H.I.E.L.D., Rogers profite d’une crise internationale pour prendre le contrôle des États-Unis au nom d’Hydra. Déléguant à ses lieutenants, Kraken et le Baron Zemo, les tâches de maintien de l’ordre, l’ex-justicier se présente comme le leader d’Hydra en grand uniforme.


Superbement mis en images par Jesus Saiz (Green Lantern : Lost Army pour DC Comics), Daniel Acuna (Uncanny Avengers chez Marvel), Jay McNiven (Monsters Unleashed chez Marvel) et quelques autres véritables artistes des comic books, Captain America : Sam Wilson, Captain America : Steve Rogers et Secret Empire sont très agréables à regarder, mais parfois bien dérangeantes à lire. En effet, depuis sa création en 1941 par deux jeunes auteurs juifs new-yorkais, Jack Kirby (1917-1994) et Joe Simon (1913-2011), Captain America, même s’il a connu de nombreuses avanies, est l’incarnation parfaite du héros positif par excellence. Sous l’égide de Nick Spencer, le gentil Captain est devenu un être vil et déloyal dans un uniforme vert qui remplace le bleu, blanc et rouge de ses tenues de justicier patriote.


Ce n’est certes pas la première fois que les comic books flirtent avec la politique, mais, en utilisant le personnage emblématique de Captain America, Nick Spencer a créé une véritable polémique parmi les fans. Le pire réside certainement dans le fait que, tel un virus, cette vile incarnation de Steve Rogers impacte peu à peu l’ensemble du Marvel Universe puisque le Secret Empire est l’Event annuel de Marvel.
Ainsi, dans les pages de Captain America : Sam Wilson, apparaissent les ignobles AmeriCops, une force de police privée qui maintient la paix de manière plutôt brutale. À cette dureté qui pourrait s’expliquer par la violence d’une société en pleine crise, s’ajoute un indéniable racisme qui conduit ces gardiens d’un ordre nouveau à s’attaquer à plusieurs héros de couleur parmi lesquels Rage (Captain America: Sam Wilson n° 17) et Storm (Black Panther & Crew n° 1).
Une chose est sûre, quelle que soit le dénouement de cette saga, Nick Spencer a su faire parler de ses séries et a permis de placer Secret Empire au plus du Top 100 des meilleures ventes du mois de mai 2017 devant les best-sellers du moment, Venom, Batman, Guardians of the Galaxy et Walking Dead.

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