BD : Johnny Ryan touche le fond


Scénario de Johnny Ryan – Traduction de Damien Filliatre – Dessins, couleurs et couverture de Johnny Ryan
Septembre 2017 – 128 pages
Éditeur : Misma – misma.fr

Johnny Ryan touche le fond est une compilation de gags et d’histoires courtes réalisées par Johnny Ryan pour le mensuel Vice. Axé sur la culture urbaine, ce magazine gratuit, né en 1994 au Canada, est aujourd’hui diffusé à plus de 900 000 exemplaires à travers le monde.


Au fil des pages de Johnny Ryan touche le fond, on découvre que le dessinateur américain, à la manière des auteurs de comix underground des années 60-70, n’a aucune limite. Il dézingue la société US à travers ses illustrations au dessin presque naïf, mais dont les plaisanteries trash ou gore ne s’adressent certainement pas aux petits enfants. Science-fiction et violence étaient au sommaire de Prison Pit, l’autre BD de Johnny Ryan traduite cette année par les Éditions Huber. La violence est toujours présente dans Johnny Ryan touche le fond, mais s’y ajoutent une bonne dose d’humour graveleux, voire scatologique, et zéro respect pour les valeurs traditionnelles.


L’absence de limites de Johnny Ryan et son trait cartoonesque ne sont pas sans rappeler ceux de l’Italien Massimo Mattioli et de sa série Squeak the Mouse, publiée en France dans les pages de L’Écho des Savanes. S’inspirant très librement des célèbres Tom & Jerry, Mattioli en livre une version gore et parfois pornographique qui cadre totalement à l’univers déjanté Johnny Ryan. En France, les membres du collectif Glory Owl font partie des représentants les plus visibles de cet humour trash et irrévérencieux.


Drogue, sexe, pipi-caca, racisme et autres indélicatesses sont les thèmes régulièrement abordés par Johnny Ryan dans ses dessins. Roi du mauvais goût, le dessinateur peut rapidement dépasser les limites de la décence. Tout comme Prison Pit et sa violence gratuite, le manque évident de subtilité de Johnny Ryan touche le fond peut déranger et choquer. Mais il peut tout aussi bien séduire un lecteur trop souvent obligé de lire des bandes dessinées aseptisées, formatées et contraintes de respecter les normes imposées du politiquement correct.

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