Scénario
d’Allan Heinberg – sur une histoire de Zack Snyder, Allan Heinberg et Jason
Fuchs – d’après le comic book créé par William Moulton Marston (DC Comics) – réalisation
de Patty Jenkins
Sortie
en salles : 2 juin 2017 (USA) et 7 juin 2017 (France)
RatPac-Dune
Entertainment, DC Films et Warner Bros. Pictures
Lorsqu’un
homme échoue sur l’île de Themyscira et apporte avec lui la guerre qui déchire
le monde, le peuple des Amazones doit faire un choix. La Reine Hippolyte refuse
de s’engager dans un conflit qui conduirait à la disparition de son royaume. Sa
fille, Diana, soupçonnant le Dieu de la Guerre d’être responsable du chaos
régnant à travers le globe, décide d’aider l’espion américain à accomplir sa
mission.
Incarnée
par l’actrice israélienne Gal Gadot depuis Batman
v Superman : L'Aube de la justice (de Zack Snyder, 2016), Wonder Woman est
l’un des personnages emblématiques du DC Universe. Elle est l’unique
héroïne à rivaliser avec l’intelligence du Batman et avec la force de Superman.
Elle est également la seule à porter des valeurs de vérité et de paix.
Créée
par le scénariste Charles Moulton (1893-1947) et le dessinateur H.G. Peter
(1880-1958), dans les pages de All-Star
Comics (1) en décembre 1941, Wonder Woman est une véritable
super-héroïne. Née dans une période de guerre, l’Amazone affronte, comme ses
collègues, les forces nazies. Mais Wonder Woman est avant tout l’une des
premières héroïnes féministes. En effet, derrière le pseudonyme de Charles
Moulton se cache le docteur William Moulton Marston, psychologue et l’un des
inventeurs du détecteur de mensonges. Féministe convaincu, il trouve aberrant
que les super-héros soient tous des hommes, alors que les femmes prouvent au
quotidien, en cette époque troublée, qu’elles sont les égales de l’homme. Dès
son origine, Wonder Woman est donc l’archétype de la femme forte, libre et
courageuse, un modèle et un exemple pour toutes les lectrices et les lecteurs.
Au
fil des années, Wonder Woman connaît diverses incarnations, dont une éphémère
version (2) dessinée par Trina Robbins, l’une des artistes des Wimmen's Comix (comix underground fondé
en 1972 par un collectif d'auteures). À la télévision, c’est l’actrice Lynda
Carter qui donne, de 1975 à 1979, un visage et son physique de
Miss World USA à la plus célèbre des Amazones. Le film de 2017 permet
enfin de découvrir les origines de ce personnage hors du commun qui a affronté
Doomsday aux côtés de Batman et Superman. Réalisé par Patty Jenkins, Wonder Woman prend le temps de présenter
Diana depuis son enfance jusqu’à son combat contre Arès, en pleine Guerre 14-18,
en passant par sa rencontre avec Steve Trevor (Chris Pine). Ce faisant, le
long-métrage s’accorde quelques libertés vis-à-vis du comic book en choisissant
de plonger la super-héroïne au cœur du premier conflit mondial plutôt que le
second et en associant à Wonder Woman, un commando qui n’est pas sans rappeler
les Losers (3).
Échappant
aux pièges dans lesquels sont tombés la plupart des précédentes adaptations de
super-héroïnes (cf. le Supergirl de
Jeannot Szwarc en 1984 et le Catwoman
de Pitof en 2004), Wonder Woman propose
un personnage avec de véritables racines s’enfonçant au plus profond de la
mythologie grecque, des motivations sincères et un avenir à défendre.
Sans
éviter certains clichés du film de super-héros, Wonder Woman offre à découvrir une aventure où l’héroïne n’est pas
réduite à jouer de son physique pour vaincre. Après Man of Steel (de Zack Snyder, 2013) et Batman v Superman : L'Aube de la justice qui peinaient à trouver
leur ton et leur rythme, et à la suite d’un Suicide
Squad (de David Ayer, 2016) qui perdait son âme en voulant copier un rival,
le long-métrage de Patty Jenkins capture l’essence d’une figure exceptionnelle
du monde des comics, Wonder Woman !
Notes :
1 – Publié
de 1941 à 1951 par All American Publications (l’une des trois sociétés dont la
fusion fut à l’origine de DC Comics), All
Star Comics accueillait également les exploits de Wonder Woman, mais aussi
Flash, Hawkman, Hour-Man, Spectre, Green Lantern et quelques autres.
2 – The Legend of Wonder Woman est une série
limitée en quatre épisodes parue chez DC Comics en 1986.
3 – Créés
par Robert Kanigher les Losers sont un commando hétéroclite formé de Captain
Storm, un capitaine de vedette-torpilleur sans bateau, de Johnny Cloud, un
pilote de chasse navajo sans avion, et de deux G.I., Sarge et Gunner. Ils sont
remplacés ici par Steve Trevor, Chef (Eugene Brave Rock), Sameer (Saïd
Taghmaoui) et Charlie (Ewen Bremner).







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