Scénario
de Jean-Yves Ferri – d’après les personnages créés par René Goscinny et Albert
Uderzo – Dessins et couverture de Didier Conrad – Couleurs de Thierry Mébarki
Octobre
2017 – 48 pages
Éditeur :
Éditions Albert René (une filiale d’Hachette Livre), collection Astérix – asterix.com
Afin
de démontrer que les voies romaines dont il a la charge sont bien entretenues,
le Sénateur Lactus Bifidus organiser une course partant des Alpes pour
rejoindre le Vésuve, la Transitalique. Il propose que tous les peuples du monde
connu puissent concourir. Obélix ayant acheté un char lors d’une foire décide d’y
participer et finit par accepter Astérix comme co-aurige. Ensemble, avec
Idéfix, ils vont devoir affronter Coronavirus, le champion romain masqué qui
n’a jamais perdu une seule compétition, et qui est soutenu par l’Empereur Jules
César en personne.
Partant
du principe qu’il est impossible de faire pire aventure d’Astérix et Obélix que
le tome 33, intitulé « Le ciel lui tombe sur la tête » (2009),
commis par Albert Uderzo, « Astérix et la Transitalique » apparaît
comme un album honorable. En expédiant les deux célèbres Gaulois sur les routes
de l’Empire romain, Ferri et Conrad respectent la tradition instaurée par René
Goscinny (1926-1977) et Albert Uderzo (né en 1927) qui alterne les histoires se
déroulant au village et celles qui envoient Astérix et Obélix à travers le globe.
D’ailleurs, la couverture d’« Astérix et la Transitalique » n’est pas
sans rappeler celle de « Le Tour de Gaule d’Astérix » (1965).
Il
y a cependant quelques petits soucis dans cette aventure. « Astérix et la
Transitalique » reprend un scénario ultra-classique maintes fois utilisé
dans des films comme La Grande course
autour du monde (de Blake Edwards, 1965) ou Les Cracks (d’Alex Joffé, 1968). Au gré des planches, les hommages
et références, qui donnaient un certain sel aux histoires concoctées par
Goscinny et Uderzo, finissent ici par devenir pesants et lourdauds, y compris
ce Coronavirus qui renvoie au Frankenstein de La Course à la mort de l’an 2000 (de Paul Bartel, 1975). À
cela s’ajoute une systématisation du recours aux caricatures qui, employé avec
parcimonie, était amusant dans les albums de Goscinny et Uderzo, et qui perd tout
intérêt lorsqu’il se fait aussi répétitif que dans cette aventure (de Luciano
Pavarotti en aubergiste à Parma, jusqu’à Silvio Berlusconi en Crésus Lupus, en
passant par Bud Spencer et Roberto Benigni en journalistes).
Pour
sa part, Didier Conrad s’applique, depuis « Astérix chez les Pictes »
(2013) et avec « Le Papyrus de César » (2015), à rester fidèle au
trait d’Albert Uderzo. Mais, avec « Astérix et la Transitalique », le
dessinateur des Innommables et de Bob Marone, abandonne de sa rigueur. On
sent que Conrad cherche à se défaire du carcan imposé à travers certains
personnages secondaires et figurants. Il n’y a rien de mal à cela, tout au
contraire, si cela ne s’accompagnait pas de quelques problèmes de proportions
moins excusables au sein du trio Astérix-Obélix-Idéfix ou même dans le visage
d’Astérix dont les pupilles grossissent au fil des pages.
En
conclusion, le scénario passe-partout de Jean-Yves Ferri et le dessin de Didier
Conrad qui hésite entre respect de la continuité et évolution graphique, on
obtient un album sympathique qu’on lit et que l’on oublie tout aussi vite. On
ne peut qu’espérer que cette baisse de régime ne soit que passagère, car Ferri
et Conrad ont montré par le passé qu’ils ne manquaient ni d’imagination ni de
talent.






Commentaires
Enregistrer un commentaire