Scénario
d’Arnaud Le Gouëfflec – Dessins et couverture de Dominique Bertail
Janvier
2018 – 88 pages
Éditeur :
Fluide Glacial (une filiale de Bamboo) – fluideglacial.com
Dans
l’ouest sauvage de Mondo reverso, il
y a des Cow-girls et des Indiennes. Vivant en marge de la société, Cornelia est
une hors-la-loi dont la tête est mise à prix. Ce qui peut poser problème quand
on se lie d’amitié autour d’un verre d’alcool avec une chasseuse de primes de
la trempe d’Emitt Hatchett. De son côté, Lindbergh abandonne sa vie tranquille
de conjoint comblé d’une banquière de la Côte Est lorsqu’il saute d’un train
pour tenter de sauver, en vain, un frère perturbé. Malgré l’immensité de
l’ouest, Cornelia et Lindbergh ne peuvent que se rencontrer.
Présenté
comme « un western transgenre à travers les grands espaces américains »,
Mondo reverso joue avec les codes en
remplaçant les cow-boys, symbole traditionnel de masculinité exacerbée et de
machisme, par des femmes, et en donnant aux hommes moustachus et barbus à
souhait les rôles féminins. Cette bande dessinée a initialement été proposée
sous forme de feuilleton dans les pages du mensuel Fluide Glacial (n° 488 à 490, 493, 495 à 499) en 2017. On
retrouve d’ailleurs le découpage par épisodes et la bichromie d’origine dans
l’album final.
Pour
compliquer un peu les choses, Arnaud Le Gouëfflec impose à ses deux
personnages principaux de se travestir afin d’échapper à sa poursuivante pour
l’une et à sa vie passée pour l’autre. Contrainte de porter corset et fine
moustache, Cornelia devient ainsi Cornélius, tandis que Lindbergh, rasé de
frais, emprunte l’identité de Suzette, toubibe itinérante. La situation se fait
de plus en plus complexe lorsque la quête d’un mystérieux philtre permettant
aux hommes de devenir femme et inversement vient semer une véritable pagaille.
Le
dessin de Dominique Bertail, connu pour son travail sur le thriller Ghost Money (5 tomes chez Dargaud,
2008-2016) et plus récemment sur le premier volume d’Infinity 8 (Rue de Sèvres, 2017), est toujours aussi fin. Il
sait mettre en valeur les personnages féminins comme masculins de cet étrange
western. Ce premier tome de Mondo inverso
est surprenant et amusant. Une suite est d’ores et déjà devrait bénéficier d’une
suite. Les deux auteurs devront faire preuve d’une sacrée imagination pour surpasser
cette première aventure.





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