MANGA : Black Torch Volume 1


Scénario de Tsuyoshi Takaki – Traduction de Sébastien Ludmann – Dessins et couverture de Tsuyoshi Takaki
Février 2018 – 192 pages
Éditeur : Ki-oon, collection Shōnen – ki-oon.com

Jiro n’est pas un jeune homme comme les autres. Héritier d’une longue lignée de ninjas, il maîtrise l’art du shinobi, mais il possède aussi le pouvoir exceptionnel de parler avec les animaux. C’est ainsi qu’il recueille un gros chat noir fort mal en point qui, surpris de constater que Jiro le comprend, lui confie qu’il est un mononoke, un esprit nommé Rago, et que ce sont des démons de son espèce qui l’ont presque battu à mort. Même s’il ne croit pas forcément le discours du félin, le jeune homme se dressera pour le défendre et sera mortellement blessé. Rago n’a alors d’autre choix que de fusionner avec Jiro pour le sauver.


Premier volume du premier manga du Japonais Tsuyoshi Takaki, Black Torch revisite agréablement quelques figures traditionnelles de la culture nippone. S’inspirant du folklore japonais, Takaki adapte les techniques ninja au monde contemporain à travers le personnage de Jiro et crée un très surprenant duo avec le démon-chat Rago. Les combats et l’action participent pleinement à la narration et à la mise en place de l’univers tout à la fois moderne et légendaire du néo-mangaka. Black Torch est donc un shōnen prépublié dans le mensuel Jump SQ de l’éditeur tokyoïte Shūeisha. Successeur du Monthly Shōnen Jump (1970-2007) ce magazine a accueilli des séries telles que Claymore de Norihiro Yagi (VF publiée par Glénat), Rosario + Vampire saison II d’Akihisa Ikeda ou D.Gray-man de Katsura Hoshino (VF publiée par Glénat). Le premier chapitre de Black Torch paraît dans Jump SQ et, à ce jour, trois recueils ont été publiés au Japon, pour ce manga toujours en cours.


Plutôt classique, le dessin de Tsuyoshi Takaki évite cependant les poncifs du genre grâce à une mise en page énergique et un chara design élégant. Avec un crayonné tout en finesse et une excellente utilisation des ombres, le dessinateur rend les visages de ses personnages particulièrement expressifs, tout particulièrement celui du grand-père de Jiro. Takaki use également, sans en abuser, des SD censés accentuer l’aspect caricatural d’une réflexion ou d’une action du héros. Sans tomber dans le fan service, le mangaka sait mettre en avant la féminité d’Ichika Jin Kishimo. Chargée de tenir Jiro à l’œil, cette dernière est un agent de terrain du Bureau des Investigations Secrètes, une organisation gouvernementale qui surveille et extermine les Mononoke. Le découpage de Takaki s’adapte parfaitement à son récit et si les doubles-pages sont rares, elles se révèlent redoutablement efficaces.


Comme tous les premiers tomes, ce Black Torch Vol. 1 a pour mission essentielle de mettre en place les fondations de l’univers inventé par Tsuyoshi Takaki. Et, il faut le reconnaître, il y réussit parfaitement et donne envie de lire la suite des aventures de Jiro et Rago.

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