BD : Oblivion Song tome 1 : Le Chant de l’oubli


Scénario de Robert Kirkman – Traduction de Lucille Calame – Dessins de Lorenzo De Felici – Couleurs d’Annalisa Leoni
Mars 2018 – 136 pages
Éditeur : Éditions Delcourt, collection Contrebande – editions-delcourt.fr

Cela fait déjà dix ans que 50 km2 de Philadelphie se sont mystérieusement volatilisés, emportant avec eux près de 300 000 personnes. Après avoir découvert qu’ils avaient été happés dans une autre dimension, le gouvernement a tout tenté pour récupérer les disparus. Mais, à force d’échecs, il a abandonné, les considérant comme perdus à jamais. Utilisant un appareil capable d’ouvrir un portail interdimensionnel, Nathan Cole et ses amis, n’ont pas renoncé. Il plonge donc régulièrement vers ce monde parallèle pour ramener les survivants un par un.



Delcourt crée l’événement en publiant, en avant-première mondiale, les six premiers épisodes de la nouvelle série du scénariste-vedette Rober Kirkman. Bien connu comme le créateur de The Walking Dead, la saga zombie lancée en version comic book en 2003 chez Image Comics et déclinée en feuilleton télévisé depuis 2010, Kirkman se lance dans un nouveau projet mêlant quotidien et science-fiction, un peu à la manière d’Invincible. Délaissant les morts-vivants et les extraterrestres, le scénariste nous entraîne donc, avec Oblivion Song, vers des dimensions parallèles.


Superbement épaulé par le dessinateur italien Lorenzo De Felici, Robert Kirkman invente une autre dimension où les exilés humains ont trouvé le moyen de survivre libérés des contraintes du monde moderne, même s’ils doivent affronter des monstres dignes des univers lovecraftiens. Semblant investi d’une mission divine, Nathan Cole essaie de tous les ramener. On a l’impression, à la lecture de ces premiers chapitres, qu’il se sent responsable de la catastrophe et qu’il veut en expier la faute. À moins qu’il ne soit tout simplement à la recherche de quelqu’un en particulier.


Comme tous les premiers tomes d’une série, « Le Chant de l’oubli » met en place les personnages et le décor de cette nouvelle saga. En grand professionnel, Robert Kirkman oblige le lecteur à s’interroger sur le pourquoi de la catastrophe, sur les motivations du héros. Et, bien évidemment, chaque réponse apportée dans ces épisodes liminaires engendre d’autres interrogations. Tout est fait pour avoir envie de lire la suite et cela fonctionne parfaitement.

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