Si
Marvel et DC Comics dominent le marché des comics, il y a d’autres
éditeurs qui tentent d’exister derrière les Big Two. On connaît bien évidemment
Dark Horse Comics qui publie ou a publié les aventures du Mask et de Hellboy ou
Image Comics qui a permis aux morts-vivants de The Walking Dead de faire leurs premiers pas avant de conquérir le
petit écran. Mais on peut également citer Dynamite Entertainment (l’éditeur de Red Sonja et Vampirella), Avatar Press (qui propose les dernières productions
d’Alan Moore et de Garth Ennis), Abstract Studio (qui publie les BD de Terry
Moore) et beaucoup d’autres encore, plus ou moins éphémères, dont Zenescope
Entertainment.
Créée
en 2005 par Joe Brusha et Ralph Tedesco, Zenescope Entertainment se singularise
par sa volonté de proposer un univers partagé comme les Big Two. Pourtant, à
l’origine, le tout premier titre de la société, Grimm Fairy Tales, se contente d’offrir une lecture modernisée et
horrifique des contes pour enfants. Chaque épisode s’inspire donc très librement
d’un texte rendu célèbre par les frères Grimm et se termine souvent de façon
brutale pour les protagonistes, à la manière des EC Comics ou des
magazines d’horreur Warren. Apparue dès le second numéro, le personnage de Sela
Mathers fait le lien entre ces récits, un peu à la manière de Cain pour House of Mystery de DC Comics. Le
tout est proposé sous de multiples couvertures alternatives radicalement
aguicheuses.
Le
Petit Chaperon rouge, Cendrillon, Hansel et Gretel, Rumpelstiltskin, La Belle
au bois dormant, Blanche Neige, Pinocchio, Dorian Gray et bon nombre d’autres
personnages tombés dans le domaine public, libres de droits, passent ainsi à la
moulinette de Zenescope dans des histoires complètes et indépendantes. Si les
couvertures des Grimm Fairy Tales
attirent immédiatement l’œil, signées par des artistes connus et reconnus tels
qu’Al Rio (1962-2012 – Gen13 pour WildStorm)
ou Eric Basaldua (The Magdalena pour
Top Cow), les illustrations intérieures oscillent entre le passable et
l’aisément oubliable. Les Joe Dodd, H.G. Young, Randy Nunley et autres dessinateurs
de ces premiers contes cruels n’ont hélas pas laissé de grande trace dans
l’histoire des comics. Au surplus, les couvertures des vingt premiers numéros
des Grimm Fairy Tales mettent tout
naturellement en avant les noms des scénaristes (Ralph Tedesco et Joe Tyler),
mais omettent celui du dessinateur qui, d’ailleurs, réalise rarement plus d’un
épisode (1), au profit de l’auteur de la couverture principale, Al Rio.
Petit
à petit, les scénaristes de Zenescope commencent à créer un Multivers complexe,
mais cohérent (2), à travers leurs deux vaisseaux amiraux que sont Grimm Fairy Tales et Wonderland. Un peu à la manière des Big
Two, ils font ainsi se rencontrer les héroïnes des fables les plus connues et de
certains grands classiques. Car, lorsque Zenescope s’intéresse aux habitants
des forêts de Sherwood, de la Jungle ou du Pays des Merveilles, cela donne une
superbe archère nommée Robyn Hood, une fille des bois prénommée Mowgli et une
plantureuse Chapelière Folle en sus d’une très sexy Alice. Et pour guider les
lecteurs dans cet univers, souvent sombre et torturé, les auteurs ajoutent
rapidement le personnage de Sela Mathers qui, de simple narratrice à l’origine,
devient le point central du Multivers Zenescope.
To be continued…
Notes :
1 – Ce
défaut de jeunesse a été gommé depuis que Zenescope fait appel à de jeunes
artistes internationaux, dont on peut apprécier le travail sur DeviantArt et
autres communautés similaires du Net.
2 – Même
s’ils sont les auteurs les plus productifs de Zenescope, Ralph Tedesco et Joe
Brusha partagent la création de leur Multivers avec d’autres scribes plus ou
moins connus tels que Joe Tyler (Grimm
Fairy Tales), Raven Gregory (Grimm
Fairy Tales Presents Van Helsing), Patrick Shand (Robyn Hood), Dave Franchini (Cinderella :
Serial Killer Princess) et quelques autres dont l’excellent Chuck Dixon (Bane: Conquest pour DC Comics). On
peut d’ailleurs remarquer que la plupart d’entre eux cumulent les fonctions de
scénariste et de responsable éditorial.






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