FILM : Les Vieux Fourneaux


Scénario de Christophe Duthuron et Wilfrid Lupano – d’après la bande dessinée de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet (Dargaud) – réalisation de Christophe Duthuron
Sortie en salles : 22 août 2018 (France)
Radar Films, Egérie Productions et Gaumont

Découvrant, après l’enterrement de Lucette, sa femme, que celle-ci l’a trompé, cinquante plus tôt avec le patron de l’usine où ils travaillaient tous les deux, Antoine, fougueux septuagénaire, prend son fusil et se précipite sur la route de la Toscane pour venger son honneur. Pierrot et Mimile, ses amis d’avance, accompagnée par Sophie, la petite-fille d’Antoine, enceinte jusqu’aux yeux, se lancent à la poursuite de leur camarade à bord d’une vieille camionnette J7 rouge.


Sorti en salles le 22 août 2018, Les Vieux Fourneaux est la version cinéma d’une bande dessinée à succès des éditions Dargaud dont le premier tome est paru en 2014 et dont le cinquième est prévu pour le mois de novembre 2018. Pour être précis, il s’agit principalement de l’adaptation du premier volume de la série intitulé « Ceux qui restent ». Particulièrement fidèle au matériel original, sans doute grâce à la présence de Willfrid Lupano au scénario, on retrouve ainsi une bonne partie des dialogues et situation de la BD dans le long-métrage.


Si les acteurs choisis pour incarner les trois seniors en vadrouille ne sont pas la copie conforme de leurs contreparties de papier, Roland Giraud, Pierre Richard et Eddy Mitchell sont tout à fait convaincants en Antoine, jaloux d’un passé perdu, Pierrot l’anarchiste pur et dur et Mimile charmeur arthritique. Face à cet imposant trio, Alice Pol s’impose parfaitement dans le double rôle de Sophie, enceinte et se désolant parfois de ne pas pouvoir passer cinq minutes sans vieux, et de Lucette, sa grand-mère dont elle est le portrait craché.


Contrairement aux bandes-annonces qui présentent Les Vieux Fourneaux comme une pure comédie, mettant notamment en avant les talents de conducteur de Pierrot, ce film est également une réflexion sur la vie, sur les erreurs de jeunesse, sur l’impossibilité de revenir en arrière et sur les conséquences que toute action peut avoir sur l’avenir individuel ou collectif. Pour ce faire, Christophe Duthuron et Wilfrid Lupano ont ajouté à l’intrigue principale, à savoir Antoine et sa vendetta, un peu de l’histoire de Mimile tirée du tome 3 de la bande dessinée. Cet ajout donne une tonalité plus sombre au film, mais offre beaucoup plus de consistance aux personnages qui, outre les rides, portent en eux les cicatrices du temps passé.
Loin d’être la comédie de l’été, Les Vieux Fourneaux est un bon film qui permet de rire ou de sourire, mais aussi de réfléchir sur la vie, le passé, le présent et l’avenir. Outre des comédiens qui font le job, on peut apprécier les dialogues finement ciselés empruntés à la bande dessinée qu’il ne faut pas hésiter à découvrir.

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