Il
est des séries que l’on préférerait voir se terminer rapidement. Hélas, les
divinités semblent vouloir en décider autrement en rappelant à elles, ce
30 septembre 2018, le père du détective Jack Palmer.
Dessinateur
de presse et de bandes dessinées, René Pétillon fait partie de ces auteurs qui
connaissent l’âge d’or de la BD en France, l’époque où les nombreux kiosques et
marchands de journaux accueillent des mensuels aux couvertures colorées qui
s’appellent Pilote, L’Écho des Savanes, Fluide Glacial, Métal Hurlant,
A Suivre, …
Né
à Lesneven, en Bretagne, Pétillon s’essaye au dessin en parfait autodidacte et
voit, dès 1968, ses créations publiées dans divers titres plus ou moins
éphémères. C’est en pénétrant le Saint des Saints de l’époque, la rédaction du
journal Pilote, qu’il franchit ce
palier qui fait de lui un auteur de BD incontournable. En effet, c’est dans les
pages de ce mensuel qu’il crée, en 1974, son personnage fétiche, celui qui l’accompagne
tout au long de sa carrière, le détective privé Jack Palmer. Parodique et
décalé, ce héros au gros nez, au chapeau mou et à l’imperméable trop large pour
lui, ne résout les affaires qu’on lui confie que par le plus grand des hasards.
Le duo Jack Palmer-René Pétillon passe de Pilote
à L’Écho des Savanes, avant d’être
directement publié en album par Albin Michel, puis par Dargaud.
Associé
au dessinateur Yves Got (Didou chez Albin Michel
Jeunesse), Pétillon se fait scénariste et met en scène les démêlés d’un rapace
avec des moutons, dans un mélange d’humour noir et absurde. Le trait sombre de
Got illustre à merveille le scénario parfois cruel de Pétillon qui offre ici
une autre facette de son talent bien éloignée des joyeuses incohérences de Jack
Palmer. D’abord publié dans L’Echo des
Savanes en 1976-77, le Baron Noir
devient un strip quotidien du Matin de
Paris. Grâce à son volatile, Pétillon découvre alors l’univers de la presse
et commence à collaborer avec l’hebdomadaire VSD, puis avec le Canard
enchaîné, leur livrant régulièrement des planches d’actualité.
Primé
par le festival international d’Angoulême en 1989 et lauréat du Grand Prix de
l'humour vache 2002 au Salon international du dessin de presse et d'humour de
Saint-Just-le-Martel, René Pétillon fait sans peine le grand écart entre la BD
et le dessin de presse avec un talent égal. La douzième aventure de Jack Palmer, « L’enquête
corse », obtient ainsi le prix du meilleur album au Festival d’Angoulême
en 2001 et devient un film à succès grâce au duo Christian Clavier et Jean
Reno.
L’ultime
album de Jack Palmer intitulé
« Palmer en Bretagne » (Dargaud, 2013) sonne aujourd’hui comme un
retour aux sources pour l’auteur et son héros, mais on retiendra surtout
l’avant-dernier titre prémonitoire de la série, « Enquête au paradis »…





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