Son
nom restera à jamais associé aux Marvel Comics et à ses super-héros colorés et
complexes du plus grand rival de DC Comics. Stanley Martin Lieber, plus
connu sous le pseudonyme de Stan Lee, est mort le 12 novembre 2018, à
l’âge de 95 ans. Il est à l’origine du renouveau des comics, dans les
années 1960, avec la création des Fantastic
Four, de l’Amazing Spider-Man, de
l’Incredible Hulk, de l’Invincuible Iron Man, de Daredevil the Man Without Fear et de
bien d’autres encore. Principal scénariste et directeur de publication des
Marvel Comics, il réinvente les super-héros en les rendant plus humains, plus
proches du quotidien, et crée un lien novateur avec les fans à travers le
courrier des lecteurs et le rédactionnel : Bullpen Bulletins et Stan’s
Soapbox.
Pourtant,
lorsqu’il intègre la maison d’édition Marvel Comics (qui s’appelle Timely
Comics, avant d’être rebaptisée Atlas Comics, puis Marvel), Stan Lee n’a pas
vocation d’écrire des bandes dessinées. Il rêve alors de devenir le nouvel
Errol Flynn et de faire carrière au cinéma. Il se débrouille plutôt pas mal,
signant même un texte pour un numéro du Captain
America de Joe Simon (1913-2011) et Jack Kirby (1917-1994), en 1941. Il est
l’un des rares scénaristes attitrés de l’éditeur new-yorkais, travaillant tout
aussi bien sur les aventures romantiques de Millie
the Model, humoristiques de Homer,
the Happy Ghost ou les horreurs monstrueuses des Strange Tales illustrées par des artistes talentueux parmi lesquels
on peut citer Kirby, Steve Ditko (1927-2018) ou Don Heck (1929-1995).
Lorsque,
au début des années 1960, les super-héros retrouvent des couleurs avec les
nouvelles versions de Flash, Green Lantern et les autres chez DC Comics,
Marvel ne peut rester à la traîne. Pour concurrencer la Justice League of
America qui vient de se former dans The
Brave and the Bold n° 28 (March 1960), Stan Lee crée, avec Jack
Kirby, les Fantastic Four
(November 1961), un super-groupe construit autour d’un noyau familial et dont
les membres sont dotés de pouvoirs élémentaires à cause d’une exposition
massive aux rayons cosmiques. Alors que Marvel ne vivote que grâce à diverses
publications mêlant suspense et créatures monstrueuses, le duo Lee-Kirby
invente un nouveau monstre gris (qui ne deviendra vert qu’un peu plus tard), The Incredible Hulk (May 1962) qui
est en réalité un scientifique victime des radiations gamma, et ramène sur
Terre le dieu nordique Thor dans Journey
into the Mystery n° 83 (August 1962).
Bien
évidemment, la création qui restera à jamais associée à Stan Lee n’est autre
que l’Amazing Spider-Man. L’Homme-Araignée apparaît pour la première fois dans
les pages du quinzième et dernier numéro d’Amazing
Fantasy (August 1962), illustré par Steve Ditko. Lee bataille pour
imposer ce personnage qui n’a rien d’héroïque. Le principal protagoniste est un
étudiant binoclard, tête de turc de ses condisciples, qui acquiert ses pouvoirs
après avoir été piqué par une araignée radioactive. Il y réussit permettant à
son antihéros d’obtenir son propre titre, The
Amazing Spider-Man (March 1963). Mais, plus que ces diverses séries, c’est
leur technique de création qui est intéressante. En effet, Lee n’impose pas à
ses dessinateurs un scénario prédécoupé, il leur confie une intrigue résumée
qu’ils peuvent mettre en images en toute liberté et il ne reprend la main que
pour insérer les dialogues. Le résultat final est d’autant plus réussi si les illustrateurs
en question sont eux-mêmes d’excellents narrateurs du niveau de Jack Kirby ou
Steve Ditko.





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