Scénario
de David B. – D’après l’œuvre de Jacques Martin — Dessins et couleurs de Giorgio
Albertini – Couleurs de V. Belardo et V. Moscon
Septembre
2018 – 46 pages
Éditions
Casterman – casterman.com
D’origine gauloise et fils adoptif du riche Honorus Galla, Alix Gracchus bénéficie de l’amitié et de la confiance de Jules César. C’est à la demande de ce dernier qu’Alix et son fidèle Enak se rendent à Samosate pour rapporter des livres afin de constituer une bibliothèque comparable à celle d’Alexandrie pour la cité romaine. Mais, dans cette région qui a connu la guerre, le calme qui semble régner n’est qu’apparent et lorsque Arbacès, l’ennemi juré d’Alix, réapparaît l’aventure peut commencer.
Les
Éditions Casterman fêtent à leur manière le soixante-dixième anniversaire
d’Alix le héros gallo-romain créé par Jacques Martin (1921-2010). Avec
trente-sept albums au compteur et quelques séries dérivées (Les voyages d’Alix, Alix Senator), Alix aurait certainement pu rivaliser avec Tintin,
Spirou, Astérix ou Lucky Luke, mais les aventures historico-fantastiques du
personnage imaginé n’ont jamais eu le même impact médiatique. Avec des
histoires trop sérieuses pour les uns et trop fantaisistes pour les autres, une
succession d’auteurs plus ou moins talentueux essayant de copier le Maître
Jacques Martin qui avait abandonné le dessin de la série depuis 1988, Alix se contentait de vivoter chez
Casterman.
Pourtant,
depuis « La dernière conquête » (tome 32, 2013), Alix semblait avoir trouvé son
dessinateur en la personne de Marc Jailloux (Orion pour Casterman). À partir de « Britannia »
(tome 33, 2014), elle avait également, avec Mathieu Bréda, un nouveau
scénariste fan du héros et respectueux de l’histoire. Le duo venait de signer
un excellent « Serment du gladiateur » (tome 36, 2017), mais
l’éditeur fait le choix d’un retour aux sources avec « Veni Vidi
Vici ». En effet, David B. (Hâsib et
la Reine des serpents chez Gallimard) ramène dans cette aventure le
personnage d’Arbacès apparu dans Alix
l’intrépide (tome 1, 1956) et six autres albums de la série. Il refait
également du duo Alix-Enak les envoyés de Jules César à travers l’Empire
romain, comme à l’origine, même s’il dote le fidèle Enak d’un sens de la
répartie qu’il n’avait pas sous l’ère Martin. Parallèlement, le dessinateur
Giorgio Albertini (« Sfessania » dans Papier tome 3 chez Delcourt) tente, avec plus ou moins de
réussite, de retrouver le style ligne claire du Jacques Martin des premiers
albums.
Hélas,
le retour aux sources ne s’avère pas des plus convaincants. Présenté comme
épique, le scénario de David B. fait évoluer Alix entre rêve éveillé et champs
de bataille, sans que le pauvre lecteur que je suis ne comprenne bien le
processus narratif. Une géante qui semble échappée de L’Attaque des Titans, même si elle est plus vêtue que les monstres
nippons, se fait appeler Personne (comme Ulysse dans L’Odyssée) pour la chute finale.
En
tentant de copier le dessin de Jacques Martin, on sent bien que Giorgio
Albertini force son trait et la qualité de ses illustrations s’en ressent. Il
apparaît également un problème de proportions avec la géante qui gagne ou perd
en taille selon les cases et dont le visage devient parfois proche de la
caricature.
En
voulant fêter les 70 ans d’Alix,
les Éditions Casterman font le choix de nier toute l’évolution graphique et
scénaristique du personnage et c’est vraiment dommage.





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