Scénario
de Thomas Cadène — Dessins de Joseph Falzon – Couleurs de Marie Galopin
Avril
2018 – 184 pages
Éditions
Le Lombard – lelombard.com
Dans
un futur plus ou moins proche, Josiane et René expérimentent une nouvelle sorte
de réalité virtuelle. Il leur suffit d’imaginer un vêtement pour en être vêtu,
de penser à une île paradisiaque pour s’y retrouver les pieds dans l’eau et
sous un soleil radieux. Cela ressemble aux porn-box et autres procédés de
réalité virtuelle qu’ils connaissent déjà avec un petit plus, ils peuvent se
toucher et avoir des perceptions qui semblent être réelles, la chaleur sur leur
peau, la fraîcheur du vent ou la douceur des caresses.
En
plaçant une femme et un homme ordinaires, prénommés Josiane et René, dans un
monde futur et en grande partie virtuel, Thomas Cadène se prive de ce qui fait
le sel de la majorité de ses créations. En effet, dans la plupart de ses
scénarios, c’est le quotidien et les rapports humains qu’il met en exergue. Il
lui arrive parfois d’ajouter un élément fantastique, comme dans À travers moi, un one-shot qu’il écrit
et dessine pour Paquet en 2007, où le héros devient transparent aux yeux de ses
proches et du reste des gens, mais c’est pour mieux parler de ses relations, désormais
plus que compliquées, avec les autres.
Cette
thématique se retrouve, sans la partie fantastique, au cœur de la saga Les Autres Gens qu’il crée sur Internet.
Il confie l’illustration de ce feuilleton à une foultitude de dessinateurs,
aussi différents que Bastien Vivès, Boulet, Jérôme d’Aviau, Joseph Falzon et quelques
autres. Les épisodes, édités sous forme physique par Dupuis de 2011 à 2014,
s’intéressent principalement à Mathilde, une jeune étudiante en droit, à la
famille de Mathilde, aux amis de Mathilde, aux relations de Mathilde. Mais
Mathilde n’est que le point de départ de cette chronique qui parle des
problèmes du quotidien, d’argent, d’amour et de sexe.
En
expédiant Josiane et René dans un monde virtuel, Thomas Cadène les place hors
du quotidien et leur offre un total contrôle sur leur environnement. Cela
permet au scénariste de redéfinir leurs priorités et de revenir aux fondamentaux.
L’être humain n’étant à la base qu’un animal sexué, c’est donc par la
redécouverte de leur sexualité que commence le voyage de Josiane et René dans
cette virtualité 2.0.
Si
le dessin très ligne claire de Joseph Falzon peut déconcerter au premier abord,
il s’avère particulièrement adapté à la description du monde d’Alt-Life qu’explorent Josiane et René. Finalement,
en s’intéressant au virtuel, l’œuvre de Cadène et Falzon délivre une surprenante
réflexion sur le réel qu’il ne faut pas hésiter à découvrir.





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