BD : Colonisation Tome 1 : Les naufragés de l’espace


Scénario de Denis-Pierre Filippi — Dessins de Vincenzo Cucca – Couleurs de Fabio Marinacci
Janvier 2018 – 48 pages
Éditions Glénat, collection Graphica – glenatbd.com

La conquête de l’espace est devenue une obligation pour soulager une planète bleue surpeuplée. C’est par milliers que les navires spatiaux boostés par la technologie d’une race extraterrestre pacifique, les Atils, quittent l’orbite terrestre pour conquérir de nouveaux mondes. Un certain nombre de ces expéditions ne donnent plus de nouvelles et sont portées disparues. Les autorités terriennes créent alors des unités d’élite chargées de retrouver ces vaisseaux perdus.


C’est un véritable space opera que le duo Filippi-Cucca offre à découvrir en ce début d’année 2018. En professionnel avisé, Denis-Pierre Filippi évite le piège du premier tome d’exposition et plonge le lecteur au cœur de l’action. C’est en accompagnant Milla Aygon et son groupe d’intervention que l’on visite l’espace presque infini qui constitue l’univers de Colonisation. Le scénariste s’appuie sur tous les codes du genre avec une Fédération qui gère les mondes colonisés, des alliés extraterrestres maîtrisant des technologies avancées et des tensions interraciales qui rappellent les grands classiques tels que Star Trek.


Si le dessin de l’Italien Vincenzo Cucca fait irrésistiblement penser à certains comic books américains, c’est tout à fait normal lorsque l’on connaît la carrière de ce talentueux graphiste. En effet, outre ses nombreux travaux pour des éditeurs européens (dont Pandamonia pour Drugstore), Cucca a collaboré avec quelques prestigieuses maisons américaines comme Marvel (She-Hulk), CrossGen (Meridian) ou Aspen MLT (Charismagic). Son trait réaliste et sa mise en page rappellent forcément les comics, même si les couleurs plus sombres, presque métalliques par moment, de Fabio Marinacci l’éloignent de son modèle américain. Illustrant un scénario solide, ce dessin classique fait de ce premier tome de Colonisation un bon space opera à qui il manque la petite dose d’originalité qui en ferait un véritable incontournable.

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