MANGA : Fire Punch Vol. 1 et 2


Scénario de Tatsuki Fujimoto – Traduction de Sylvain Chollet – Dessins et couverture de Tatsuki Fujimoto
Octobre 2018 – 2 x 192 pages
Éditeur : Kazé – www.manga.kaze.fr

La Terre est plongée dans un hiver éternel. La glace et le froid ont envahi la planète tout entière. Plus ou moins nombreux et plus ou moins organisés, les survivants font de leur mieux pour subsister dans ce monde hostile. Loin de tout, une petite communauté survit encore grâce aux pouvoirs d’élus d’Agni et de sa sœur Luna. Capables de se régénérer, il s’ampute à tour de rôle d’un membre pour nourrir les autres villageois. Ce n’est pas une vie, mais c’est le seul moyen d’échapper à la famine. Jusqu’au jour où un avion atterrit près du village porteur de mort et de destruction.


Alors que le huitième et dernier volume de Fire Punch vient de paraître en France, Kazé propose une séance de rattrapage avec son Pack Découverte réunissant les tomes 1 et 2 de l’œuvre de Tatsuki Fujimoto. C’est l’occasion idéale pour s’intéresser à ce manga déconseillé aux moins de seize ans. Au fil des deux fois 192 pages, Fire Punch aborde des thèmes qui peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes. Cela commence par le cannibalisme qui semble être le seul moyen d’échapper à la mort dans un monde glacé. Cela passe par le lien presque incestueux qui unit Agni et Luna, mais aussi par l’esclavage qui est le sort réservé aux plus faibles, et même la zoophilie qui apparaît au détour d’un chapitre.


À travers cette déchéance presque totale de la civilisation, Tatsuki Fujimoto décrit un monde post-apocalyptique où l’humanité a perdu tous ses repères et où la seule morale qui vaille encore est celle du plus fort. Ce premier volume plante le décor d’une Terre devenue glaciale qui pourrait faire penser aux univers de La Compagnie des glaces (le cycle romanesque de G.J. Arnaud au Fleuve Noir) ou du Transperceneige (la BD de Jacques Lob et Jean-Marc Rochette chez Casterman). Cependant, le mangaka préfère doter certains de ses personnages de pouvoirs dignes des X-Men plutôt que de le faire prendre le train.


Ainsi, Agni et sa sœur ont, à la manière de Wolverine, la capacité de se régénérer à l’infini. On leur coupe un bras, il repousse presque aussitôt. Tandis que Doma, chef des soldats qui massacrent les villageois, est capable de produire des flammes, comme certaines Torches Humaines de Marvel, qui brûlent jusqu’à réduire leur cible en cendres. Victime de ce feu dévastateur, Agni survit grâce à sa capacité de se régénérer, mais il n’échappe pas à la souffrance des brûlures qui consument éternellement son corps. Sa sœur Luna, dont la régénération était plus lente, meurt dans la douleur sous les yeux d’Agni qui décide de vivre pour la venger dans ce monde immoral et glacé.


S’agissant d’un manga destiné à un public adulte, le dessin de Tatsuki Fujimoto est plus réaliste que la norme japonaise, mais il ne sombre pas dans le gore malgré quelques scènes de combustion, d’amputations et de démembrement. Partant du désir de vengeance d’Agni, l’histoire de Fire Punch court sur huit tomes publiés par l’éditeur nippon Shueisha de 2016 à 2018. S’adressant à un public averti, Fire Punch est un manga coup-de-poing qui ne laisse pas indifférent. On adore ou on déteste.

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