Scénario
de Tatsuki Fujimoto – Traduction de Sylvain Chollet – Dessins et couverture de
Tatsuki Fujimoto
Éditeur :
Kazé – www.manga.kaze.fr
La
Terre est plongée dans un hiver éternel. La glace et le froid ont envahi la
planète tout entière. Plus ou moins nombreux et plus ou moins organisés, les
survivants font de leur mieux pour subsister dans ce monde hostile. Loin de
tout, une petite communauté survit encore grâce aux pouvoirs d’élus d’Agni et
de sa sœur Luna. Capables de se régénérer, il s’ampute à tour de rôle d’un
membre pour nourrir les autres villageois. Ce n’est pas une vie, mais c’est le
seul moyen d’échapper à la famine. Jusqu’au jour où un avion atterrit près du
village porteur de mort et de destruction.
Alors
que le huitième et dernier volume de Fire
Punch vient de paraître en France, Kazé propose une séance de rattrapage avec
son Pack Découverte réunissant les tomes 1 et 2 de l’œuvre de Tatsuki Fujimoto.
C’est l’occasion idéale pour s’intéresser à ce manga déconseillé aux moins de
seize ans. Au fil des deux fois 192 pages, Fire Punch aborde des thèmes qui peuvent heurter la sensibilité des
plus jeunes. Cela commence par le cannibalisme qui semble être le seul moyen
d’échapper à la mort dans un monde glacé. Cela passe par le lien presque
incestueux qui unit Agni et Luna, mais aussi par l’esclavage qui est le sort
réservé aux plus faibles, et même la zoophilie qui apparaît au détour d’un
chapitre.
À
travers cette déchéance presque totale de la civilisation, Tatsuki Fujimoto
décrit un monde post-apocalyptique où l’humanité a perdu tous ses repères et où
la seule morale qui vaille encore est celle du plus fort. Ce premier volume
plante le décor d’une Terre devenue glaciale qui pourrait faire penser aux univers
de La Compagnie des glaces (le cycle
romanesque de G.J. Arnaud au Fleuve Noir) ou du Transperceneige (la BD de Jacques Lob et Jean-Marc Rochette chez
Casterman). Cependant, le mangaka préfère doter certains de ses personnages de
pouvoirs dignes des X-Men plutôt que de le faire prendre le train.
Ainsi,
Agni et sa sœur ont, à la manière de Wolverine, la capacité de se régénérer à
l’infini. On leur coupe un bras, il repousse presque aussitôt. Tandis que Doma,
chef des soldats qui massacrent les villageois, est capable de produire des
flammes, comme certaines Torches Humaines de Marvel, qui brûlent jusqu’à réduire
leur cible en cendres. Victime de ce feu dévastateur, Agni survit grâce à sa
capacité de se régénérer, mais il n’échappe pas à la souffrance des brûlures
qui consument éternellement son corps. Sa sœur Luna, dont la régénération était
plus lente, meurt dans la douleur sous les yeux d’Agni qui décide de vivre pour
la venger dans ce monde immoral et glacé.
S’agissant
d’un manga destiné à un public adulte, le dessin de Tatsuki Fujimoto est plus
réaliste que la norme japonaise, mais il ne sombre pas dans le gore malgré
quelques scènes de combustion, d’amputations et de démembrement. Partant du
désir de vengeance d’Agni, l’histoire de Fire
Punch court sur huit tomes publiés par l’éditeur nippon Shueisha de 2016 à
2018. S’adressant à un public averti, Fire
Punch est un manga coup-de-poing qui ne laisse pas indifférent. On adore ou
on déteste.






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