EVENEMENT : 46e Festival International de la Bande Dessinée


Jeudi 24, vendredi 25, samedi 26 et dimanche 27 janvier 2019
Angoulême (16)
bdangouleme.com/

Avec une programmation qui donne la part belle aux comics et aux manga, la cité angoumoise a attiré une foule de fans, d’amateurs et de curieux à l’occasion de cette 46ème édition du Festival International de la Bande Dessinée. Il est hélas à craindre que la ville soit désormais trop petite pour ses ambitions internationales à en croire les interminables queues devant chaque lieu d’exposition et les personnes refoulées aux portes des salles de conférence.


C’est d’autant plus dommage que la majorité des expositions allient art et érudition en proposant des scénographies soignées mettant en valeur les œuvres, planches originales et reproductions, des différents auteurs ainsi consacrés. On peut admirer le talent de Richard Corben (Grave – Les contes du cimetière chez Delirium, 2018) et de Taiyo Matsumoto (Le rêve de mon père chez Kana, 2018), au Musée d’Angoulême, et de Tsutomu Nihei (Aposimz la planète des marionnettes chez Glénat Manga, 2018) et de Milo Manara (Le Caravage chez Glénat, 2018), à l’Espace Franquin.


L’un des produits d’appel de ce 46ème FIBD est bien évidemment Batman 80 ans : un genre américain démasqué proposé par 9ème Art+ / FIBD et Urban Comics, avec la bénédiction de DC Comics, à l’Alpha Médiathèque. Mêlant reproduction de lieux iconiques : la sortie du Monarch Theatre où les époux Wayne ont été abattus sous les yeux du jeune Bruce, la Batcave ou l’Arkham Asylum, et exposition de planches originales signées Neal Adams, Frank Miller, Mike Mignola et autres talentueux illustrateurs de l’homme chauve-souris. Outre quelques soucis d’intendance rencontrés par les détenteurs de Pass Early Opening victimes d’une organisation défaillante et s’entêtant dans l’incompréhension, on peut s’interroger sur le choix de garer la Batmobile à l’extérieur, soumise aux aléas de la météo. S’il y a un concept artistique, il m’échappe totalement.


Au final, malgré toutes ses qualités, le Festival International de la Bande Dessinée a atteint et certainement dépassé sa taille critique. Il est devenu un monstre bouffi qui risque d’exploser à n’importe quel moment.

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