Du
jeudi 24 au dimanche 27 janvier 2019
Musée
d’Angoulême (16)
bdangouleme.com/
Partageant
l’Espace Franquin avec une autre exposition consacrée à l’architecte du futur
qu’est Tsutomu Nihei à travers ses mangas Blame!
et Knights of Sidonia, le dessinateur
italien Milo Manara est mis à l’honneur par le biais d’une rétrospective aussi complète
qu’érudite de son œuvre.
Avant
d’être l’auteur d’une flamboyante biographie dessinée du Caravage (Glénat, 2015-2018), Maurilio Manara a fait ses premières
armes dans les fumetti, ces fascicules présentant des histoires d’humour,
d’action ou de sexe, et parfois les trois à la fois. À la fin des
années 1960, il dessine ainsi les aventures de Genius, l’un de ces génies du crime dans la veine des Diabolik, Kriminal et Satanik, qui
se déclinaient en BD, en romans-photos et même en films.
Avec
Giuseppe Bergman (Casterman, Milo
Manara crée son alter ego de fiction et montre toute l’étendue de son tant de
graphiste et de conteur. Publiées en France dans les pages du défunt magazine (À suivre) dès 1978, ces aventures
ressemblent à un parcours initiatique qui conduit Giuseppe à faire un tour du
monde plein de péripéties, parfois réalistes et parfois oniriques, avec un zeste
d’érotisme. À l’origine de ce périple, l’antihéros inventé par Manara recherche
son « maître d’aventures », un certain HP.
Derrière
les initiales de HP se cache nul autre que Hugo Pratt (1927-1995), un auteur
auquel Milo Manara voue une réelle admiration et avec qui il a la chance de
collaborer lorsque celui-ci lui écrit le scénario de Un été indien (Casterman, 1987) et de El Gaucho (Casterman, 1995). Manara dessinateur met entièrement son
talent d’illustrateur au service de Pratt scénariste pour des aventures
dépaysantes, mais d’une grande sobriété pour ceux qui ne connaissent que le
Manara du Déclic (Albin Michel,
1984-2001).
Car,
depuis Le Déclic, Milo Manara a
acquis une réputation sulfureuse qu’il entretient avec une certaine constance
lorsqu’il dessine n’importe quel personnage féminin, de Claudia Cristiani à
Lucrèce Borgia en passant par Gulliveriana, avec une sensualité débordante et
une libido décomplexée.
Comme
de bien entendu, une partie de l’exposition est déconseillée aux moins de
16 ans.






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