Scénario
de Buronson – Traduction d’Olivier Neimari – Dessins et couverture de Kentaro
Miura
Éditeur :
Glénat, collection Seinen Manga
À
la veille des Jeux Olympiques d’été de 1992 en Espagne, Katsuji Yashima, un yakuza,
débarque à Barcelone. Il vient avouer sa flamme à la journaliste Yuka Katsuragi
qui réalise un reportage sur la façon dont les Japonais sont perçus par les
étrangers. Alors qu’elle interroge des lycéens nippons en voyage d’études, un
tremblement de terre propulse tout le petit groupe dans une sombre grotte où une
étrange sorcière vêtue de noir les projette dans le futur afin qu’ils assistent
à la fin du monde et à la fin du peuple japonais.
Japan est un one-shot publié, sous forme de feuilleton, dans les pages du
bimensuel Young Animal. Ce magazine de
prépublication de l’éditeur nippon Hakusensha, initialement baptisé Animal House, accueille, depuis 1989,
les quelque 350 chapitres du Berserk
de Kentaro Miura. Ses couvertures se partagent entre les héros des mangas qu’il
propose de découvrir et des idoles fort peu couvertes. C’est également dans ce
magazine que paraissent les premières collaborations entre Buronson et Miura :
Oh-Roh, le roi loup (Glénat Manga
Seinen, 2008) et Oh-Roh-Den, la légende
du roi loup (Glénat Manga Seinen, 2008).
Lorsque
deux génies du manga se rencontrent, on peut s’attendre au meilleur. Hélas, avec
Japan, la collaboration entre le
scénariste de Hokuto no Ken et le
dessinateur de Berserk donne un
résultat qui ne parvient pas à combler les attentes du lecteur des œuvres de
Buronson (qu’il soit associé à Tetsuo Hara sur Ken le survivant ou à Ryoichi Ikegami sur Sanctuary) ou de Kentaro Miura (avec sa saga Berserk). On ne peut même pas leur trouver l’excuse d’un travail de
jeunesse, car, en 1992 date de parution originale de Japan, les deux mangakas ont déjà fait leurs preuves en matière de
narration graphique. Il semble donc que les univers de ces deux créateurs ne
soient tout simplement pas compatibles.
Le
personnage de Katsuji Yashima, même s’il évolue au fil des chapitres, passant
d’un membre d’un clan criminel à un chef rebelle plein de bons sentiments, reste
bien trop caricatural. On est bien loin de la profondeur d’un Guts, l’iconique
héros de Berserk, qui, sous des
dehors de brute taciturne, cache un caractère tourmenté, ou encore des liens
complexes qui unissent Hojo le yakuza et Asumi le politicien dans Sanctuary. On sombre dans le pire des clichés
lorsque Yuka Katsuragi, la journaliste qui semblait si forte et si indépendante
dans les premières pages du manga, se jette dans les bras et le lit de son
sauveur. Quant à la renaissance du peuple japonais privé de terre et d’honneur
dans ce monde futuriste à la Mad Max, elle paraît bien trop facile puisqu’il
suffit presque d’un homme venu du passé pour restaurer la puissance et la
gloire d’un pays accusé d’avoir causé la ruine de la planète tout entière.
Décevant est donc le mot qui convient le mieux pour décrire Japan, même s’il reste intéressant de
découvrir le travail de Kentaro Miura en dehors de l’univers de Berserk.





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