BD : Choc : Les Fantômes de Knightgrave – troisième et dernière partie


Scénario de Stéphan Colman – d’après le personnage créé par Rosy et Will – Dessins d’Éric Maltaite – Couleurs de Cerise et Éric Maltaite
Avril 2019 – 88 pages
Éditions Dupuis, collection Dupuis Grand Public – dupuis.com

Comme bon nombre de ses collègues policiers, l’inspecteur Fixchusset assiste à l’enterrement de son mentor et ami, l’inspecteur Dawson. Ce dernier a trouvé la mort en Turquie, alors qu’il était sur le point d’appréhender le mystérieux criminel connu sous le nom de Choc. Le corps de celui-ci a été récupéré par des plongeurs au fond du Bosphore, mais Fixchusset n’est pas convaincu que le cadavre pourtant revêtu d’un spencer et d’un heaume est réellement celui du terrifiant Choc.


Troisième et ultime tome de la trilogie consacrée à M. Choc, le redoutable adversaire des célèbres détectives privés Tif et Tondu, Choc : Les Fantômes de Knightgrave – troisième et dernière partie ne s’éloigne pas des deux volumes précédents et reste concentré sur les origines du hors-la-loi à travers une alternance de séquences se déroulant entre 1926 et 1955. Inutile donc de chercher le moindre crane chauve de Tif ou le plus petit poil de barbe de Tondu tout au long des 77 planches de cet album (même si…), mais on retrouve un jeune inspecteur Fixchusset dont la moustache ne fait que préfigurer les belles bacchantes qu’il arbore dans les divers épisodes de Tif et Tondu où il apparaît comme le meilleur ennemi de Monsieur Choc.


Bien plus sombre que les aventures de Tif et Tondu où il a fait sa toute première apparition, la version du personnage de Choc de Stéphan Colman et Éric Maltaite vit dans des époques troublées, il est ainsi à Berlin, en 1936, alors que le régime nazi organise ses Jeux Olympiques, et il est également à Istanbul, en 1955, lors d’un pogrom contre la minorité grecque. Beaucoup moins rond que le dessin de son père Will (1927-2000), le trait d’Éric Maltaite parvient parfaitement à rendre la violence qui entoure et qui naît au plus profond de Choc. Partant du grand méchant qu’est le Monsieur Choc, maître de la Main Blanche, tel que l’on décrit Maurice Rosy (1927-2013), le scénario de Colman, construit comme une mécanique de précision, s’attache à montrer les circonstances et évènements qui conduisent jusqu’à la naissance de ce Napoléon du crime.

 

Débutée en 2014 (2013 si l’on prend en compte la prépublication dans les pages de Spirou), la saga de Choc se conclut donc enfin avec ce troisième tome. En effet, si le premier volume a été une enthousiasmante surprise, les deuxième et troisième opus, malgré toutes les qualités graphiques et narratives du duo Colman-Maltaite, ne bénéficient plus du même effet de nouveauté et laissent par moment apparaître les rouages d’une narration pourtant finement ciselée. Un diptyque en lieu et place d’un triptyque aurait peut-être évité certaines longueurs ou pertes de repères dues à l’enchaînement des sauts dans le temps. Cependant, au-delà de ces quelques remarques, les trois tomes de Choc : Les Fantômes de Knightgrave constituent une fort intéressante relecture d’une BD jeunesse, Tif et Tondu, à travers leur plus célèbre Némésis.

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