FILM : Hellboy


Scénario d’Andrew Cosby - d’après les personnages de Mike Mignola – réalisation de Neil Marshall
Sortie en salles : 12 avril 2019 (USA) et 8 mai 2019 (France)
Millenium Media, Dark Horse Entertainment et Metropolitan Filmexport

À la demande de son « père adoptif », le professeur Trevor Bruttenholm, Hellboy se rend en Angleterre pour aider les membres du Club Osiris, une société occulte fondée en 1866, à affronter une menace gigantesque. Participant à cette chasse sauvage, Hellboy se rend rapidement compte qu’il est le gibier et qu’il doit tout à la fois combattre trois géants maléfiques et ceux qui se présentaient comme ses alliés. Ce combat titanesque n’est que le premier pas vers ce qui pourrait conduire à la destruction du monde.


Hellboy revient sur grand écran. Cela faisait bien des années que l’on attendait la suite d’une bien hypothétique trilogie consacrée au personnage créé par Mike Mignola, après les excellents Hellboy (2004) et Hellboy 2 : Les Légions d’or maudites (2008) superbement orchestrés par Guillermo Del Toro, avec son acteur fétiche Ron Perlman dans le rôle-titre. Finalement, ni l’un, ni l’autre ne sont de retour pour ce qui devient un reboot de la licence. Dissimulé sous le maquillage du Hellboy, on ne reconnaît pas le comédien David Harbour (qui joue le Chef Hopper dans la série TV Stranger Things), cela ne l’empêche nullement d’interpréter un Hellboy convaincant mêlant l’humour et la violence du rejeton des enfers. Succédant à Del Toro, le réalisateur britannique Neil Marshall (The Descent) laisse de côté le fantastique parfois féérique de son prédécesseur et privilégie l’aspect horrifique de la saga conçue par Mike Mignola. Aux côtés de Harbour, on retrouve, notamment, le toujours excellent Ian McShane en professeur Bruttenholm, Daniel Dae Kim dans le rôle de Ben Daimio et Milla Jovovich dans celui de la maléfique Blood Queen.


Les films de Guillermo Del Toro n’étaient pas une adaptation directe de l’œuvre de Mike Mignola. Ils ne faisaient que s’inspirer du foisonnant Hellboy Universe développé chez Dark Horse Comics pour construire des histoires spécialement destinées au grand écran permettant de découvrir rapidement et efficacement le monde complexe imaginé par Mike Mignola. On retrouvait ainsi, autour de Hellboy, le professeur Bruttenholm, Abe Sapien l’Icthyo sapiens, Liz Sherman la pyrokinesiste, Tom Manning le directeur du B.P.R.D. et Johann Kraus l’esprit ectoplasmique, tous issus des comic books. Pour aider le spectateur à pénétrer l’univers déjà fourmillant de Mignola, Del Toro utilisait un Candide personnifié par ce personnage spécialement conçu pour le premier film, l’agent John Myers. Pour leur part, le scénariste Andrew Cosby et le réalisateur Neil Marshall s’appuient principalement sur l’un des cycles de la saga, « The Wild Hunt » (2008), en picorant quelques idées ou images d’autres histoires, y compris dans la série sœur de Hellboy : B.P.R.D. (avec le capitaine Benjamin Daimio).


Comme toujours lorsque Hollywood se livre à l’art fort mercantile du reboot d’une adaptation, il y a les cris de ceux qui préfèrent le comic book original du créateur, Mike Mignola dans ce cas, les hurlements de ceux qui encensent la première version, celle de Guillermo Del Toro, et les chuchotements de ceux qui vont critiquer le jeu des acteurs, les effets spéciaux et le scénario trop complexe ou bien pas assez subtil. Au final, même si le Hellboy de Neil Marshall aurait pu être plus (ajouter l’adjectif de votre choix) ou bien être moins (ajouter l’adjectif de votre choix), il remplit son office de film de divertissement à grand spectacle et permet de passer deux heures loin du quotidien.


Hellboy cosplay by Oktokuro

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