Scénario
de René Durand, dessins et couverture de Georges Ramaioli
Novembre
1979 – 48 pages
Éditions Jacques Glénat
Dans
un monde d’après la bombe où vivent encore quelques humains et de nombreux
mutants et où seule la loi du plus fort s’applique, Coderc et son ami Baixas,
accompagnés par leurs animaux parlants Marie la jument, Simac le chien et
Joseph le taureau, tentent de tout simplement de survivre. Échapper aux cannibales et autres créatures affamées
fait partie de leur quotidien. Si quelques villes subsistent au milieu des
campagnes dévastées, ce sont des ruines habitées par des mutants qui sacrifient
des hommes et des femmes en l’honneur de la bombe pour avoir des lendemains
cléments et où des marchands proposent au voyageur de passage de louer ses
services en tant qu’esclave, pour un jour, une nuit ou plus. Telle est la Terre
de la bombe !
Créées
dans les pages de l’éphémère Canard
sauvage et continuées dans les premiers numéros de la revue Circus, les aventures
post-apocalyptiques de Coderc et Baixas n’ont finalement connu que six tomes
publiés par les Éditions
Jacques Glénat entre 1979 et 1986. La
terre de la bombe est l’une des premières bandes dessinées de René Durand
et Georges Ramaioli, un duo qui a également signé les huit volumes du western L’Indien français (sept chez Glénat de
1978 à 1988 et un dernier pour Soleil en 1992), le diptyque de Mado et Maildur (dans la collection
La Crainte d’Artefact en 1983 et 1984) et les trois premiers chapitres de
la saga historique Zoulouland (éditée
par Soleil de 1987 à 1991) que Ramaioli poursuit seul jusqu’au 18e et dernier opus en 2003). Ensemble, les deux hommes ont créé quelques univers
surprenants dont La Terre de la bombe
est un bel exemple.
S’il
existe un bon nombre de BD décrivant une Terre qui a connu l’apocalypse
nucléaire, il y en a peu qui vont aussi loin dans la description d’une communauté
proche du plus profond désespoir et de l’anéantissement que ce « Carnage à
Bez ». Il y a du sexe, de la violence et des mutants, mais surtout,
l’espèce humaine apparaît comme étant en voie d’extinction au profit d’animaux
ayant acquis l’intelligence et le langage articulé à l’image de Marie, Simac et
Joseph, de mutants de moins en moins humanoïdes, dans un monde où une vie peut
être un moyen de paiement et parfois elle n’a pas beaucoup de valeur. Dans cette
société qui a perdu tous ses repères, toutes les perversions, cannibalisme,
zoophilie et autres, sont permises à celui ou celle qui possède le pouvoir.
C’est la loi du plus fort. Au fil des épisodes, l’univers de La Terre de la bombe se complexifie, et
au gré des tomes il abandonne ses aspects les plus sulfureux, voire scabreux,
(que l’on retrouve dans Mado et Maildur
des mêmes auteurs), en même temps que le graphisme de Georges Ramaioli
s’affirme et se simplifie tout à la fois. « Carnage à Bez » est une
bande dessinée à ne définitivement pas entre toutes les mains et que bien peu
d’éditeurs oseraient mettre à son catalogue aujourd’hui.




Commentaires
Enregistrer un commentaire