Scénario
de Kumo Kagyu – Traduction de Fabien Nabhan – Design des personnages de Noboru
Kannatuki – Dessins et couverture de Kousuke Kurose
Éditeur :
Kurokawa, une marque d’Univers Poche – kurokawa.fr
Tout
juste sortie du Temple, Prêtresse, âgée de quinze ans, rejoint la fameuse
Guilde des aventuriers. À peine
inscrite, elle est enrôlée pour une quête pressante, sauver des villageois
attaqués par une bande de gobelins. Plein de fougue et d’envie, les quatre
jeunes aventuriers vont aller de désillusion en désillusion, avec la mort au
bout du bref chemin qui les a menés au cœur du territoire gobelin.
Présenté
comme le nouveau Berserk, Goblin Slayer est un manga publié,
depuis 2016, dans les pages du mensuel Monthly
Big Gangan de Square Enix (éditeur de manga et de jeux vidéo, dont le
célébrissime Final Fantasy). Mais
c’est quatre ans plus tôt que le romancier et scénariste Kumo Kagyu a imaginé ce
monde de Dark Fantasy, d’abord sur le Net, puis sous forme de light novels
publiés par SB Creative, avec des illustrations de Noboru Kannatuki. Kagyu
développe son univers à travers sa série de romans et de manga (dessins de
Kousuke Kurose), ainsi que sa déclinaison, Goblin
Slayer: Year One (dessins de Kento Eida). Il existe également ne version
animée de Goblin Slayer, en douze
épisodes, produite par le studio White Fox (Re:Zero)
pour les chaînes nippones AT-Xa, Tokyo MX, SUN et BS11, diffusée en France sur
Wakanim et J-One.
Goblin Slayer est un manga pour le moins déstabilisant et le
réserver à un « public averti » est une bonne précaution de la part
de Kurokawa. En effet, le dessin de Kousuke Kurose est très classique et peut
laisser à penser que ce manga de fantasy est accessible aux lecteurs les plus
jeunes comme les premiers épisodes de Dragon Ball.
De plus, les premiers chapitres au ton plutôt enjoué ne sont pas sans rappeler
les premières scènes de Fairy Tail,
lorsque la constellationniste Lucy Heartfilia rejoint l’équipe de Natsu au sein
de la guilde. Mais, quand Prêtresse et ses trois compagnons d’aventure se
heurtent à la dure réalité d’une horde de gobelins sanguinaires, toute
l’horreur de la violence quasi-animale de ces monstres les frappe et les
détruit. L’épéiste est tué, la magicienne est mortellement blessée, la
maîtresse des arts martiaux est violée et Prêtresse n’échappe à la mort que
grâce à l’intervention du mystérieux Goblin Slayer !
En
lui-même, le personnage du Goblin Slayer est charismatique en diable. Il
apparaît juste au bon moment pour sauver Prêtresse, il porte une armure qui ne
dévoile rien de son physique, il est aussi habile à l’épée qu’à la lance ou à
l’arc et se révèle un stratège hors pair lorsqu’il affronte les gobelins. Sans
pitié, il tue tout ce qui ressemble de près ou de loin à un gobelin, armé ou
non, y compris des enfants sans défense. Violent et cruel à la manière de Berserk, Goblin Slayer joue également la carte de l’hommage aux jeux de
rôles avec des héros sans nom définis par leur fonction : Prêtresse,
Goblin Slayer le crève-gobelins, … À la seule lecture de ce premier tome, il paraît
difficile de se prononcer sur ce manga. S’agit-il d’un simple mélange
d’influences diverses mixées pour attirer un large public, avec des personnages
sans profondeur, ou bien y a-t-il une réflexion sur les jeux, la violence et le
réel ? Des interrogations qui trouveront peut-être leurs réponses dans les
volumes suivants.





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