Scénario
de Christos Gage (Mimic) et Pat Shand (American History X) – Dessins d’Emiliano
Urdinola (Mimic), Raulo Caceres et Gabriel Andrade (American History X) –
Couleurs de Juan Rodriguez – Couvertures de Gabriel Andrade
Éditeur :
Avatar Press (USA) - avatarpress.com
Protégés
par les hauts murs d’enceinte qui entourent Casper Compound, les survivants pensent
à l’abri des attaques des Crossed qui infestent la région, le pays, le monde.
Ils ont récemment accueilli parmi eux Thomas, un homme défiguré, mais qui a
échappé au fléau. Ce dernier participe comme ses compagnons aux tours de garde
et se lie d’amitié avec certains des habitants de la forteresse, en particulier
avec Julie l’archiviste. Mais Thomas finit par révéler sa vraie nature, il est
un Crossed intelligent et permet à ses frères infectés d’envahir le refuge des
humains. S’il laisse sa horde sauvage massacrer une bonne partie des non-infectés, il a des projets
bien différents pour Julie et d’autres femmes du camp retranché.
Il
n’est pas facile de prendre la suite d’un scénariste de la trempe d’un Alan
Moore, c’est ce que l’on peut constater à la lecture des six épisodes de Crossed + One Hundred - Mimic. Même
s’il n’a rien d’un débutant, Christos Gage (Superior
Spider-Man pour Marvel) ne fait que répéter avec moins de force et
d’efficacité le message qu’avait voulu faire passer Moore lorsqu’il s’était
intéressé au monde des Crossed en se projetant une centaine d’années dans le
futur. Alors que le scénariste de Watchmen
(DC Comics, 1986-1987) et de la League
of Extraordinary Gentlemen (1999-2019) avait volontairement mis de côté
l’aspect gore de la série pour se concentrer sur les survivants, leur culture
et leur langage, Gage réintroduit une menace Crossed beaucoup plus tangible, de
celle qui tranche les gorges et les génitoires. Au milieu de cette furie, le
personnage le plus intéressant reste sans doute Thomas, cet infecté intelligent
qui veut comprendre ce que c’est que d’être non-infecté et qui, en échange, est prêt à enseigner à Julie ce
que c’est que d’être infecté.
Le
dessin plutôt classique d’Emiliano Urdinola (God is Dead pour Avatar) permet de construire un univers cohérent
avec un petit goût de Mad Max. En effet, pour se protéger, les non-infectés revêtent des tenues, qu’on imagine facilement faites de
cuir, afin d’éviter la contamination lorsqu’ils affrontent des Crossed, parfois
nus, mais toujours ivres de sexe et de sang. Et, comme le Road Warrior, les
non-infectés conduisent des véhicules modifiés, dont un superbe camion-citerne
bardé de dents d’acier qui semble s’être littéralement échappé d’un film de
George Miller. Ce n’est d’ailleurs pas la première incursion d’Urdinola dans le
monde des Crossed puisqu’il a illustré plus d’une dizaine d’épisodes de Crossed: Badlands, dont les quatre
derniers écrits par Christos Gage, mettant en scène un trio d’infectés
intelligents : Smokey, Ashley et Ashlynne.
En
complément de l’histoire principale contée par Christos Gage et Emiliano
Urdinola, Crossed + One Hundred -
Mimic propose un back-up feature, « American History X », sur
ce monde de fous qu’est devenue la Terre infectée avec six courts récits de
huit pages chacun se déroulant en 2060, 2076, 2090, 2096, 2025 et 2108. Crues,
gore et violentes, ces brèves incursions dans l’univers de Crossed sont signées Pat Shand (Grimm
Fairy Tales pour Zenescope) pour le texte, Raulo Caceres (Code Pru pour Avatar) et Gabriel Andrade
(Über Invasion pour Avatar) pour les
dessins. Et c’est la présentation de la très effrayante Cockrip qui constitue
notre dernière vision à ce jour du monde des infectés.
Soutenus
par des dessins efficaces, les scénarios vont jusqu’au bout de leurs intentions,
mais il est bien évident que Crossed +
One Hundred – Mimic fait partie de ces séries qui sont définitivement à
réserver à un public adulte et averti.





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