Scénario
d’Ernie Altbacker - d’après le comic book de Jeph Loeb et Jim Lee – réalisation
de Justin Copeland
Sortie
DVD et Blu-ray : 20 juillet 2019 (USA) et 21 août 2019 (France)
Warner
Bros. Animation et DC Entertainment
Contraint
de s’éclipser lors d’une soirée de gala où il a croisé la belle Selina Kyle et
son ami neurochirurgien Thomas Elliott, Bruce Wayne endosse sa cape et son
costume de super-héros pour sauver un jeune garçon des griffes de Bane. S’il
réussit à vaincre le venimeux colosse, c’est en poursuivant Catwoman, qui a
profité de la confusion pour s’emparer d’une fort jolie rançon, que le
chevalier de la nuit fait une chute qui pourrait lui être fatale.
Jusqu’à
peu, Warner Bros. Animation proposait des adaptations fidèles des comic books DC Comics,
condensant parfois l’intrigue, mais respectant si ce n’est la lettre au moins
l’esprit de la bande dessinée source. Le regretté Dwayne McDuffie (1962-2011) avait
ainsi fait un travail d’orfèvre sur les versions animées de La Ligue des Justiciers : Conflit sur
les deux Terres (de Lauren Montgomery et Sam Liu, 2010) ou de All-Star Superman (de Sam Liu, 2011),
toutes deux inspirées de scénarios originaux de Grant Morrison, illustrés par Frank
Quitely (1). On se souvient également de l’ambiance totalement restituée
en 24 images par seconde de Batman:
Year One (de Sam Liu et Lauren Montgomery, 2011), l’arc écrit par Frank
Miller et dessiné par David Mazzucchelli. Sans vraiment décevoir, l’adaptation
de Batman: Hush risque de perturber
le fan de comics par le nombre de libertés prises par Ernie Altbacker qui a
pourtant travaillé sur les films d’animation Justice League Dark (de Jay Oliva, 2017) et Teen Titans: The Judas Contract (de Sam Liu, 2017), ainsi que Scooby-Doo! et WWE: La malédiction du pilote
fantôme (de Tim Divar & Brandon Vietti, 2016).
Or,
Batman: Silence est bien loin d’être
fidèle aux comics de Jeph Loeb et Jim Lee. Si l’on veut jouer au jeu des
différences, certaines peuvent sembler sans conséquences. Faire intervenir
Batgirl au lieu de Huntress dans la narration permet certainement de renforcer
l’idée d’une Bat-Family. Cependant, remplacer la force brutale de
Killer Croc par celle de Bane transforme ce dernier en un second couteau
dont on se demande alors comment il aurait pu briser l’échine du Batman.
Utiliser la maléfique Lady Shiva à la place de Ra's Al Ghul laisse supposer que
l’immortel vilain serait bel et bien définitivement mort dans le film
d’animation Le fils de Batman (d’Ethan
Spaulding, 2014). En visionnant Batman:
Silence, on se met même à regretter l’absence de la surprenante apparition
cameo de Krypto du comic book, le super-chien, mais on apprécie celle d’un
Damian Wayne, toujours aussi déluré. Mais la véritable trahison reste dans
l’identité de Silence, l’énigmatique Nemesis qui agit en sous-main et affronte
le Batman grâce à la quasi-totalité de sa galerie d’adversaires. C’est là où
l’adaptation surprend, mais dépasse les bornes de l’acceptable. La parfaite
construction psychologique d’un vilain hors norme issu de l’imagination de Jeph
Loeb est définitivement mise à mal par cet inexplicable changement de
personnage.
Première
réalisation de Justin Copeland, qui a auparavant travaillé comme storyboarder
sur les séries d’animation Marvel Ultimate
Spider-Man (2012), Avengers Assemble
(2013), Hulk and the Agents of S.M.A.S.H.
(2013-2014), ainsi que sur le film Justice
League Dark, ce Batman: Silence
ne fait donc pas partie des adaptations indispensables. À voir et à oublier
rapidement. Par contre, on peut sans peine se replonger dans l’intégrale de Batman: Silence avec la très abordable
réédition en deux volumes de la collection Urban Prémium d’Urban Comics, en
2016, qui permet de retrouver l’intrigue pleinement maîtrisée de Jeph Loeb superbement
illustrée par Jim Lee et Scott Williams, avec la mise en couleurs d’Alex
Sinclair.
Note :
1 – La Ligue des Justiciers : Conflit sur
les deux Terres s’inspire ainsi du graphic novel JLA: Earth 2 (2000) et All-Star
Superman des douze épisodes de la série limitée homonyme (2005-2006).







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