Scénario
de Jean-Yves Ferri – d’après les personnages créés par René Goscinny et Albert
Uderzo – Dessins et couverture de Didier Conrad – Couleurs de Thierry Mébarki
Octobre
2019 – 48 pages
Éditeur :
Éditions Albert René (une filiale de Hachette Livre), collection Astérix – asterix.com
Alors
que la nuit tombe sur le village, trois mystérieux cavaliers se présentent
devant la hutte d’Abraracourcix. Agecanonix, vétéran de la guerre des Gaules, livre
en confidence à Astérix et Obélix qu’il connaît bien deux de ces visiteurs
nocturnes. Il s’agit de Monolitix et Ipocalorix, deux chefs arvernes qui ont
combattu aux côtés de celui dont on ne prononce plus le nom à voix haute, Vercingétorix. Très vite, nos amis apprennent que la troisième
personne n’est autre que la fille du chef gaulois vaincu par Jules César, Adrénaline, que les
généraux arvernes ont confiée aux bons soins des irréductibles Gaulois le temps
de trouver un bateau pour la conduire, à l’abri de César et de ses sbires, en
Bretagne.
C’est
devenu un marronnier. Tous les deux ans, un nouvel album d’Astérix le Gaulois paraît et se vend à des millions d’exemplaires.
Après un passable « Astérix et la Transitalique », voici donc le 38ème opus de la série une fois encore réalisé par le duo Jean-Yves Ferri et Didier
Conrad (1), sous la surveillance d’un Albert Uderzo toujours présent. Ce
dernier a d’ailleurs indiqué, lors de multiples interviews, qu’il avait
particulièrement veillé à ce que l’intrique de cette aventure ne se dissolve
pas au milieu des nombreux gags imaginés par Ferri et Conrad. Les jeux de mots
et références sont au rendez-vous. On ne peut ainsi que sourire lorsqu’on voit
les pirates ivres chanter un : « Et ça continue amphore et
amphore ». Tandis que sur la mer calme, les Gaulois croisent leur vieil
ami phénicien Epidemaïs (2). Et, l’on remarquera que la jeune Adrénaline a
été élevée par deux papas.
Si
la présence d’une ado rebelle n’est pas sans faire écho à la venue du jeune
Lutécien Goudurix dans « Astérix et les Normands » (1966) (et à la très médiatique Greta Thunberg), Ferri et
Conrad traitent le sujet de manière différente. En effet, au lieu d’utiliser le
barde Assurantourix, fort discret dans cette nouvelle aventure, ils font
apparaître deux personnages, Blinix, le fils du poissonnier Ordralfabétix, et
Selfix, le fils du forgeron Cétautomatix. Les adolescents, en stage chez leurs
parents, deviendront rapidement les compagnons de la fille de Vercingétorix. On
peut également constater que le duo d’auteurs, tout en restant fidèle à
l’héritage de Goscinny et Uderzo, tente de contourner les gimmicks imposés au
fil des opus de la saga gauloise. Ainsi, les pirates, qui normalement ne font
qu’une brève apparition le temps d’un naufrage, prennent du galon et
interagissent grandement avec la jeune héroïne de cet album. Parmi ces
derniers, il en est d’ailleurs un qui chante « La bohème » et pense
que ce serait « formi formidable » de conserver Adrénaline à bord
comme otage.
Foisonnante,
cette nouvelle aventure d’Astérix le Gaulois respecte pleinement le cahier des
charges de la série. On sent également, à travers la participation de
personnages secondaires, récents ou anciens, et la presque disparition de
certains autres, que les auteurs commencent à s'affranchir de certaines règles
du titre.
Notes :
1 – Ferri
et Conrad ont signé quatre aventures d’Astérix
le Gaulois : « Astérix chez les Pictes » (2013), « Le
papyrus de César » (2015), « Astérix et la Transitalique » (2017)
et « La fille de Vercingétorix » (2019).
2 – Le
personnage du marchand phénicien Epidemaïs est apparu dans « Astérix
légionnaire » (1964) et a été développé dans « L’Odyssée
d’Astérix » (1981).





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