Scénario
et dessins de Boichi – Traduction de Nathalie Lejeune – Adaptation graphique de
Hinoko – Couverture de Boichi
Éditeur :
Pika, collection Seinen – pika.fr/PikaSeinen
Le
combat final approche. Dans ce monde complètement fou qu’est devenu Tokyo en
2048, des machines, les Gon, tuent les humains et seul Origin, un autre robot
semble pouvoir se dresser contre elles. Même s’il a subit bien des dégâts au
cours des affrontement précédents et même s’il ne semble pas être capable
d’avoir des sentiments, Origin s’est donné pour mission de protéger Mai Hirose,
même au péril de son intégrité mécanique.
Stakhanoviste
du manga, le dessinateur coréen Boichi (et ses assistants) mène de front deux
séries à succès. La première paraît dans les pages du célèbre Weekly Shônen Jump de la Shueisha. Il
s’agit tout d’abord de Dr. Stone,
scénarisé par Riichiro Inagaki (Eye Shield 21
pour Shuisha), fort classique shônen post-apocalyptique et écolo-scientifique
déjà décliné en série d’animation par le studio TMS Entertainment. Et, il
y a Origin, une série écrite et
dessinée par Boichi, qui appartient totalement à l’univers du mangaka. Prépubliée
dans l’hebdomadaire seinen Weekly Young
Magazine de Kodansha, elle intégre un bon nombre d’idées et de concepts
développés dans les séries déjà parues de Boichi. Parmi les autres influences
évidentes d’Origin, il y a bien
évidemment les œuvres d’auteurs de science-fiction cyberpunk tels que William
Gibson ou Bruce Sterling, mais aussi l’incontournable Ghost in the Shell de Masamune Shirow. Pour ce volume 6, on
peut également ajouter un petit clin d’œil au Terminator 2 de James Cameron à travers le personnage de
Michelle Roadrunner qui, avec la même badasserie que Sarah Connor, affronte les
Gon.
Alors
qu’il livre un dessin relativement classique sur Dr. Stone, évitant soigneusement d’hyper-sexualiser les
personnages féminins que sont Yuzuriha et Kohaku, Boichi se laisse aller dans
les différents chapitres d’Origin.
Ainsi, même revêtue d’un strict uniforme de policier, Son, l’un des huit
« frères » robots d’Origin et des Gon, a des allures de femme fatale.
Laura Fermi, la supérieure hiérarchique d’Origin lorsqu’il joue les humains
sous l’identité de Jin Tanaka est également une bombe de sensualité. Quant à Y,
la vie artificielle la plus évoluée, elle devient l’archétype du fan-service
lorsqu’elle prend corps. Même Michelle Roadrunner, en plein combat, reste
l’expression d’une féminité exacerbée. Ces quelques digressions graphiques,
fort joliment mises en courbes par Boichi, ne doivent ce pendant pas faire
oublier le propos d’Origin qui met
l’Humanité face au défi de la post-Humanité qu’elle a elle-même contribué à
créer.




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