MANGA : Origin Volume 6


Scénario et dessins de Boichi – Traduction de Nathalie Lejeune – Adaptation graphique de Hinoko – Couverture de Boichi
Septembre 2019 – 220 pages
Éditeur : Pika, collection Seinen – pika.fr/PikaSeinen

Le combat final approche. Dans ce monde complètement fou qu’est devenu Tokyo en 2048, des machines, les Gon, tuent les humains et seul Origin, un autre robot semble pouvoir se dresser contre elles. Même s’il a subit bien des dégâts au cours des affrontement précédents et même s’il ne semble pas être capable d’avoir des sentiments, Origin s’est donné pour mission de protéger Mai Hirose, même au péril de son intégrité mécanique.


Stakhanoviste du manga, le dessinateur coréen Boichi (et ses assistants) mène de front deux séries à succès. La première paraît dans les pages du célèbre Weekly Shônen Jump de la Shueisha. Il s’agit tout d’abord de Dr. Stone, scénarisé par Riichiro Inagaki (Eye Shield 21 pour Shuisha), fort classique shônen post-apocalyptique et écolo-scientifique déjà décliné en série d’animation par le studio TMS Entertainment. Et, il y a Origin, une série écrite et dessinée par Boichi, qui appartient totalement à l’univers du mangaka. Prépubliée dans l’hebdomadaire seinen Weekly Young Magazine de Kodansha, elle intégre un bon nombre d’idées et de concepts développés dans les séries déjà parues de Boichi. Parmi les autres influences évidentes d’Origin, il y a bien évidemment les œuvres d’auteurs de science-fiction cyberpunk tels que William Gibson ou Bruce Sterling, mais aussi l’incontournable Ghost in the Shell de Masamune Shirow. Pour ce volume 6, on peut également ajouter un petit clin d’œil au Terminator 2 de James Cameron à travers le personnage de Michelle Roadrunner qui, avec la même badasserie que Sarah Connor, affronte les Gon.


Alors qu’il livre un dessin relativement classique sur Dr. Stone, évitant soigneusement d’hyper-sexualiser les personnages féminins que sont Yuzuriha et Kohaku, Boichi se laisse aller dans les différents chapitres d’Origin. Ainsi, même revêtue d’un strict uniforme de policier, Son, l’un des huit « frères » robots d’Origin et des Gon, a des allures de femme fatale. Laura Fermi, la supérieure hiérarchique d’Origin lorsqu’il joue les humains sous l’identité de Jin Tanaka est également une bombe de sensualité. Quant à Y, la vie artificielle la plus évoluée, elle devient l’archétype du fan-service lorsqu’elle prend corps. Même Michelle Roadrunner, en plein combat, reste l’expression d’une féminité exacerbée. Ces quelques digressions graphiques, fort joliment mises en courbes par Boichi, ne doivent ce pendant pas faire oublier le propos d’Origin qui met l’Humanité face au défi de la post-Humanité qu’elle a elle-même contribué à créer.

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