Scénario
et dessins de Boichi – Traduction de Nathalie Lejeune – Adaptation graphique de
Hinoko – Couverture de Boichi
Éditeur :
Pika, collection Seinen – pika.fr/PikaSeinen
L’incident
de Kyôto a été étouffé par la puissante AEE, cela n’empêche pas la
multinationale de constituer une commission d’enquête sur l’attaque, les
mystérieux assaillants et l’énigmatique « robot justicier » qui est
intervenu et a sauvé plusieurs membres de l’équipe du Centre de recherche. Che
Chanchong, Laura Fermi et Jin Tanaka (Origin) font partie de cette délégation
qui va travailler sur les carcasses des robots transférées sur le site de l’AEE
à Nagoya.
Après un sixième volume plein d’action et de
violence, Boichi propose un nouvel opus beaucoup plus intimiste. On s’intéresse
ainsi aux problèmes du quotidien d’Origin dont le corps a été très abîmé lors
des combats de Kyôto et qui a besoin de plusieurs milliers de yens pour réparer
les dégâts. L’artiste coréen trouve une solution surprenante pour permettre à
son héros de se faire de l’argent facile, en dehors de ses heures de travail,
de manière légale : le manga érotique. Un domaine que Boichi connaît bien,
car il a, dans sa déjà longue carrière, signé quelques jolis ecchis (notamment
sa série Lovers In Winter pour Comic Aun, en 2005). Au-delà de ce clin
d’œil, le dessinateur continue à explorer les relations compliquées entre le
robot qui souhaite ressembler aux humains et celles et ceux qui le côtoient. Il
a ainsi fallu beaucoup de temps à la machine pour comprendre que sa jeune
collègue, Mai Hirose, est amoureuse de lui. Lui qui n’a pas la possibilité
d’avoir de tels sentiments ne peut qu’essayer de l’éloigner de lui, pour la
protéger.
Origin
se retrouve dans une situation paradoxale. Il tente de se sociabiliser en se
rapprochant de Laura Fermi qui, même si elle semble jouer le jeu, se révèle
froide et inaccessible, alors qu’il repousse Mai Hirose, celle qui a craqué
pour lui. Et, bien qu’il fasse tout son possible pour apparaître comme un
employé lambda d’AEE, efficace, mais discret, Chen Chanchong n’arrête pas de
vouloir le mettre en avant au risque que l’on s’intéresse un peu trop à lui et
à ses origines.
Ce
septième volume se concentrant véritablement sur les humains permet également
de découvrir, au détour d’un chapitre, les véritables motivations de Miyuki
Hirosue, la présidente fondatrice de l’AEE.
Mis
à part quelques petites culottes et quelques personnages brièvement Super-Déformé,
qui restent la marque de fabrique de Boichi, c’est une ambiance sérieuse qui
domine ce tome. Sans avoir l’air d’y toucher, le mangaka se livre à une
critique de la société capitaliste où un salary men tel que Tanaka n’a plus
d’argent le jour où son salaire tombe et où l’intelligence
artificielle (1) qu’il est produit des mangas érotiques à la chaîne pour
s’en sortir.
Boichi
est un maître incontesté du manga d’action, comme il l’a prouvé avec son œuvre
majeure qu’est Sun-Ken Rock (2)
Notes :
1 – Kioxia,
une entreprise japonaise, développe une IA qui serait capable de créer les
textes et dessins de mangas inédits. Leur premier projet, en association avec
Tezuka Production, est une nouvelle aventure d’Astro Boy.
2 – Les
25 volumes de Sun-Ken Rock ont été
publiés en France par la collection Doki-Doki de Bamboo Édition, de 2008 à
2016. Depuis 2018, une version Deluxe est en cours d’édition.






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