Imaginé
en 1897 par le romancier irlandais Bram Stoker (1847-1912), le personnage de
Dracula fait l’objet de nombreuses adaptations ou inspirations plus ou moins
fidèles au cinéma, à la télévision, en jeux vidéo et en bandes dessinées,
surtout depuis qu’il est tombé dans le domaine public. Les BD Chroniques
vous proposent une sélection totalement partiale et complètement subjective de cinq
Dracula hantant les pages des BD, comic books ou manga.
Dracula
par Gerry Conway et Gene Colan (Marvel Comics - USA)
Créée
dans le comic book Tomb of Dracula,
cette version du seigneur de la nuit s’inspire tout autant de l’œuvre de Bram
Stoker que des films de la Hammer pour l’ambiance et le costume du vampire. Pour
son physique, Gene Colan confiait avoir pris l’acteur Jack Palance comme modèle.
Dans les quelque 70 épisodes de Tomb of
Dracula, pour la grande majorité, écrits par Marv Wolfman, dessinés par
Gene Colan et encrés par Tom Palmer, le comte affronte un groupe hétéroclite de
chasseurs de vampires mené par Quincy Harker (le fils de Jonathan et Mina) et Rachel
Van Helsing (petite-fille d’Abraham).
Cette
version de Dracula intègre complètement le Marvel Universe puisque le vampire
croise la route du Werewolf by Night (Tomb
of Dracula n° 18 et Werewolf by
Night n° 15 – March 1974), du Doctor Strange (Tomb of Dracula n° 44 et Doctor
Strange n° 14 – May 1976) et du Silver Surfer (Tomb of Dracula n° 50 – November 1976), joue les méchants de
service face à Spider-Man (Giant-Size
Spider-Man n° 1 – July 1974), et permet l’apparition du plus célèbre
des chasseurs de vampires : Blade (Tomb
of Dracula n° 10 – July 1973).
Alucard
par Kôta Hirano (Shōnen Gahōsha - Japon)
Même
s’il n’est jamais dit de manière explicite qu’Alucard est Dracula, le mangaka
Kôta Hirano sème suffisamment d’indices, à commencer par le nom anagramme du
personnage, pour que cela devienne une évidence. Débordante de puissance, cette
version du roi des vampires est pourtant entièrement soumise aux ordres
d’Integra Hellsing, descendante d’Abraham Van Helsing et redoutable
directrice de la fondation Hellsing dont la mission est de débarrasser le monde
des vampires, des goules et de tous les monstres qui menacent l’Humanité.
Le
manga de Kôta Hirano a été publié, de 1997 à 2008, dans les pages du mensuel
seinen Young King Ours. Les aventures
d’Alucard et de ses compagnons d’armes ont été réunies en dix volumes édités au
Japon par Shōnen Gahōsha et en France par Tonkam.
En
2001-2002, le studio Gonzo a adapté les premiers chapitres du manga en une
série d’animation de treize épisodes distribuée en Europe par Dybex. Il existe
également une collection de huit OAV produites par Geneon de 2008 à 2012.
Dracula
par Pat Mills et Olivier Ledroit (Nickel Productions - France)
Dominant
de sa force et de ses pouvoirs le monde de Résurrection où échoue Heinrich
Augsburg alias Requiem, le Dracula de Pat Mills et Olivier Ledroit s’éloigne radicalement
de la version romanesque de Bram Stoker pour devenir une incarnation puissance
mille du seigneur valaque Vlad Tepes. Doté d’une armure couleur sang et d’ailes
de chauve-souris, il est le roi des vampires de cet univers inversé. En bon
vampire, Requiem devrait donc accepter d’être son vassal…
Les
onze premiers tomes de Requiem, Chevalier
Vampire ont été publiés de 2000 à 2012 par les défuntes Nickel Productions.
Les éditions Glénat ont débuté, en 2015, une réédition de la série avec la
possibilité, selon les ventes, de la prolonger jusqu’aux douzième et treizième
volumes qui devaient initialement conclure les aventures de Requiem.
Dracula
par Pat Shand et Michele Bandini (Zenescope Entertainment - USA)
Habituée
à réécrire les fables et les contes dans des versions plus adultes et plus
sexy, l’équipe de Zenescope Entertainment réinvente le duel de Van Helsing
contre le roi des vampires avec les cinq épisodes de Grimm Fairy Tales Presents Van Helsing vs. Dracula (August 2015 à
February 2016). Le but est toujours le même, sauver Mina Murray, la fiancée de
Jonathan Harker, des griffes de Dracula. Mais, cette fois-ci, ce n’est pas
Abraham qui mène le combat, c’est sa fille Liesel qui, accompagnée par Hadès,
son amant et l’ex-dieu des enfers. Elle pourra bien évidemment compter sur
l’aide mystique de ses amies Robyn Hood et Marian Quin. Après avoir affronté le
père, Liesel fait face à la fille dans les cinq chapitres de Van Helsing vs. Dracula’s Daughter
toujours chez Zenescope, en 2019, mais c’est une autre histoire…
Vlad
Tepes de Franck Tacito et Fabrice Angleraud (Zenda - France)
Lorsque
le dessinateur de 666 et celui d’Atlantis se rencontrent, cela donne Magika, une série où les adeptes de la
fin du monde et la magie se percutent autour d’une charmante héroïne prénommée
Justine (mais sans rapport avec le Divin Marquis). Au milieu des défenseurs de
l’Ordre et des sectes millénaristes se promène celui qui dit lui-même être le
Mal absolu, Vlad Tepes ! Moins flamboyante que la version d’Olivier
Ledroit, cette vision manque un peu de mordant, car elle ne s’inspire pas du
Dracula de Bram Stoker, mais d’un personnage historique qui aurait servi de
modèle et d’inspiration pour la création du seigneur des vampires, Vlad Tepes
(1431-1476), prince de Valachie, surnommé l’Empaleur. Elle permet également de
croiser une certaine Erzsebet, tout aussi sanglante que son Vlad, qui trouve
son origine dans la Comtesse Erzsebet Bathory de Transylvanie (1560-1614).
Les
quatre albums de Magika ont été
publiés de 2001 à 2005 dans la collection Fantasy de Zenda (alors label des
éditions Glénat).







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