Scénario, dessins et couleurs de Guillaume Trouillard
Janvier 2020 – 48 pages
Éditeur : Éditions de la Cerise - editionsdelacerise.com
Ayant assisté à la brutale attaque d’un groupe de femmes par une bande d’hommes malintentionnés et violents, qui n’hésitent pas à tuer, notre jeune et silencieux héros décide de les suivre. Il est seul contre une dizaine d’hommes armés de machettes et de fusils, mais il est déterminé à sauver celle dont il a croisé la route.
Se partageant entre ses activités de chef d’entreprise (les Éditions de la Cerise ont fêté leur quinzième anniversaire), de directeur de collection, de scénariste, de dessinateur et de lettreur, Guillaume Trouillard trouve cependant le temps de poursuivre l’un de ses projets les plus personnels : Aquaviva. Les bases de cette œuvre atypique datent de ses années d’études aux Beaux-Arts d’Angoulême, et ne se sont concrétisées qu’en 2015 avec un premier et superbe fascicule, suivi d’un second en 2017. En ce mois de janvier 2020, voici donc le troisième opus des aventures de ce personnage silencieux que je ne peux m’empêcher d’identifier au Kamandi de Jack Kirby. Mais là où le King imposait, de son trait puissant, un univers post-apocalyptique totalement fantastique, avec des animaux humanisés qui parlent, Guillaume Trouillard décrit, tout en finesse et en réalisme, un monde d’après en pleine déliquescence.
Avec un tirage limité à 435 exemplaires (auxquels s’ajoutent 15 hors commerce) et malgré un prix totalement abordable de 12,00 euros (en vente exclusivement sur la boutique en ligne des Éditions de la Cerise), Aquaviva ressemble plus à une œuvre d’art qu’à un album de bandes dessinées. Il y a d’abord cette sublime couverture imprimée par Print Dorures à Bègles, un imprimeur spécialisé dans les étiquettes de vin, avec son trou rond central qui laisse apparaître la principale menace de ce fascicule, un lycaon borgne. Mais il y a surtout le dessin de Guillaume Trouillard qui nous fait visiter, à travers des cases travaillées en noir et blanc, un monde totalement artificialisé, où la nature est quasiment absente, en pleine décrépitude. La double page montrant l’écroulement d’immeubles vaincus par l’usure des ans est particulièrement impressionnante. Aquaviva est un objet graphique d’exception qu’il faut prendre le temps de déguster.




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