Cellulite, Les Frustrés, Agrippine, même si ces titres ne parlent pas aux moins de vingt ans, ils ont marqué toute une génération d’amateurs de bande dessinée découvrant à travers ces albums la liberté de ton d’une artiste nommée Claire Bretécher.
Après un bref passage aux Beaux Arts de Nantes, Claire Bretécher se lance corps et âme dans la carrière de dessinatrice. Elle réussit à placer quelques illustrations dans les pages du Pèlerin et a la chance de mettre en images un scénario de l’exigeant et sévère René Goscinny (1926-1977), « Facteur Rhésus », pour L’Os à moelle de Pierre Dac (1893-1975), en 1963. Elle commence ensuite une collaboration avec l’hebdomadaire Tintin, y créant la série humoristique Hector. Mais, c’est en rejoignant le journal de Spirou que Claire Bretécher trouve une certaine stabilité. Sous l’égide du groom belge, elle invente Les Gnangnan, des bébés aux réflexions très adultes et plutôt caustiques qui font un peu penser aux Peanuts de Charles M. Schulz (1922-2000). En plus de ces gags publiés entre 1967 et 1970, la dessinatrice illustre les histoires complètes des Naufragés, sur des scénarios de Raoul Cauvin (Les Tuniques bleues chez Dupuis), de 1968 à 1971.
De 1969 à 1972, Claire Bretécher rejoint la rédaction de Pilote, alors dirigé par René Goscinny. Seule femme au sein du journal, elle croise d’autres jeunes artistes plus ou moins débutants comme elle parmi lesquels Marcel Gotlib (1934-2016) et Nikita Mandryka (Le Concombre masqué). Elle y déploie un humour plus adulte avec le personnage de Cellulite et les récits d’actualité imposés par Goscinny. En mai 1972, elle fait partie du trio de rebelles qui, s’émancipant définitivement de la tutelle de René Goscinny, crée L’Écho des savanes, le premier d’une vague de titres développant une bande dessinée plus libre et décomplexée (Fluide Glacial, Métal Hurlant, Mormoil, Ah! Nana,…). Au bout d’une dizaine de numéros, elle abandonne le travail collectif de L’Écho et publie, de 1973 à 1981, La page des Frustrés dans le Nouvel Observateur.
Libre et indépendante, Claire Bretécher crée les Éditions Claire Bretécher pour autoéditer ses diverses productions souventes fois prépubliées par le Nouvel Observateur. Les Frustrés (1975-1980), La vie passionnée de Thérèse d’Avila (1980), Docteur Ventouse, bobologue (1985-1986), Les Mères (1982), Agrippine (1988-2004) portent ainsi la double marque de Claire Bretécher autrice et Claire Bretécher éditrice. Moins active dans les années 2000, la dessinatrice abandonne l’autoédition confiant aux éditions Dargaud la gestion de son catalogue et proposant sous leur label le huitième et ultime album d’Agrippine en 2006.
Récompensée par le Prix du scénariste français au festival d’Angoulême 1975, du Grand Prix de la ville d’Angoulême en 1982, de l’Alph-Art humour pour Agrippine et l’ancêtre en 1999, Claire Bretécher reste définitivement une grande dame de la bande dessinée franco-belge.





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