Depuis octobre 2014
Éditeur : Glénat, collection Flesh & Bones - glenat.com
Alors que le site des éditions Glénat annonce la parution prochaine, courant 2020, de deux nouveaux titres, il est peut-être temps de revenir sur ce fort étrange label qu’est la collection Flesh & Bones.
Lancée fort discrètement en 2014 avec un seul titre, mais un fort joli logo, la collection Flesh & Bones se présente comme un ensemble de titres indépendants les uns des autres confiés à différentes équipes créatives. Les albums au format comics et à couverture souple sont des pavés de 120 à 200 pages selon les nécessités de la narration, en noir et blanc. Si la thématique principale est l’horreur, à la manière des magazines américains Creepy et Eerie, publiés dans les années 1960-1980, qui leur servent de modèle (dixit le site officiel), les différents récits naviguent allègrement entre fantastique, thriller, science-fiction ou gore en s’inspirant parfois de la littérature ou du cinéma de genre. La référence aux publications Warren semble tout à fait adéquate puisque ces titres à leur zénith proposaient des récits s’inscrivant dans la tradition des EC Comics accueillant les productions de Reed Crandall (1917-1982), Johnny Craig (1926-2001) ou John Severin (1921-2012), mais aussi de l’horreur beaucoup plus moderne grâce à des auteurs tels que Richard Corben (le créateur de Den), Bruce Jones (Twisted Tales pour Pacific Comics) ou Jeff Jones (1944-2011). Creepy et Eerie ont également permis au public américain de découvrir toute une génération d’auteurs espagnols, José Gonzalez (1939-2009), Fernando Fernandez (1940-2010), Esteban Maroto et d’autres encore, ainsi que des artistes philippins aussi talentueux qu’Alex Nino, Alfredo Alcala (1925-2000) ou Rudy Nebres qui ont tous fait parler d’eux dans le monde des comics.
Même si la collection n’est composée que de one-shots réalisés par une succession de scénaristes et de dessinateurs, certains noms reviennent régulièrement. C’est tout particulièrement le cas de Christophe Bec. En effet, le scénariste d’Olympus Mons (Soleil, 2017-2019) a écrit pas moins de huit des titres parus ou à paraître sous le label. Il signe ainsi le tout premier Flesh & Bones, en 2014, intitulé Sunlight avec Bernard Khattou (Mermoz, Soleil en 2017). Le pitch de ce premier opus fait irrésistiblement penser à des films comme The Descent ou La Crypte, avec ses spéléologues qui s’aventurent dans une mine désaffectée. D’une certaine manière, Sunlight donne l’une des tendances principales de la collection à savoir horreur et modernité, avec une forte inspiration cinématographique. Poursuivant sur cette voie, le duo Bec-Khattou s’aventure ensuite sur le Bikini Atoll (2016), où un groupe de touristes affronte la double menace d’un tueur en série digne d’Halloween et un requin façon Dents de la mer à la puissance mille. Puis, avec Renato Arlem (Villains for Hire, Marvel en 2012) au dessin, Christophe Bec revisite The Faculty façon road movie meurtrier avec Blood Red Lake (2016). Petit tour à la montagne avec ce mix assumé entre The Shining et Les Rivières pourpres qu’est Winter Station (2018), mis en images par Cristian Pacurariu (Assassin, Soleil en 2011). C’est ensuite The Ring qui sert de base évidente à Placerville (2018) que dessine Cyrille Ternon (Le banquier du Reich, Glénat en 2020). Retrouvant Bernard Khattou, Christophe Bec revient sur Bikini Atoll pour un tome 2 en deux parties (2018) jouant la carte du gore et du nucléaire, avec une petite dose de requin. Le prochain titre écrit par Bec et illustré par Stefano Landini (Star Wars: Target Vader, Marvel en 2019-2020) s’intitule Voraces (2020) est décrit comme un « World War Z au pays de Bollywood… mais sans happy end ! ». Une chose est sûre, Christophe Bec impose sa marque à cette surprenante collection qu’est Flesh & Bones.




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