Scénario de Christophe Bec – Dessins et couvertures de Bernard Khattou
Juin 2018 – Juillet 2019 – 2 x 128 pages
Éditeur : Glénat, collection Flesh & Bones – glenat.com
Seuls rescapés du carnage, Lysette et Alan reprennent espoir lorsqu’ils aperçoivent qu’un superbe yacht est à l’ancre au large de l’île. À bord, de ce bateau, il y a toute une équipe de photographes accompagnés de leurs modèles à la plastique de rêve, venus faire un shooting pour une marque de maillot de bain. Alors que Lysette leur demande de quitter les lieux au plus vite, en les emmenant, ces derniers préfèrent faire la fête et leurs photos profitant au mieux de ce paradis ensoleillé. Ils ne savent pas qu’une nouvelle menace se profile à l’horizon.
Le tome 2 première partie de Bikini Atoll passe la vitesse supérieure en permettant de retrouver les survivants du premier volume, Lysette et Alan le jeune trisomique en leur adjoignant une vague de futures victimes et une bande de terroristes en tenues NBC. Refusant d’entendre l’histoire en apparence insensée de Lysette, les nouveaux arrivants prennent ainsi leurs quartiers sur l’île pour réaliser un shooting photo. Cette fois-ci, ce n’est pas la disparition d’un individu, mais celle de quatre personnes qui fait monter une tension mortelle sur l’atoll perdu. Christophe Bec dote son groupe de terroristes de la plus intense des motivations : la vengeance. En effet, c’est pour venger les souffrances subies par leurs parents et grands-parents suite aux essais nucléaires américains que les extrémistes s’attaquent aux visiteurs leur infligeant tortures et morts. Comme les meilleurs réalisateurs de films de genre, Bec et Khattou offrent une suite hollywoodienne à leur Bikini Atoll, avec plus de méchants, plus de victimes et plus de morts horrifiantes. Le résultat fonctionne très bien, avec un très cinématographique cliffhanger final et l’absence inquiétante du requin géant. Si les deux premiers opus peuvent être comparés à des longs-métrages d’horreur de série B, Bikini Atoll tome 2 seconde partie passe clairement du côté de la série Z. Le scénario jusqu’alors plutôt retenu de Christophe Bec franchit la frontière du gore et du tout est possible. Sur terre, dissimulés sous des tenues NBC, les méchants torturent leurs prisonniers à l’aide de déchets radioactifs, les transformant en créatures à la peau brûlée par les rayonnements mortels. Dans l’eau, le monstrueux requin croque tout ce qui traîne à portée de sa gueule remplie de dents. Le récit alterne ainsi les morts les plus trash sur l’île comme sur les flots donnant tout son sens au Flesh & Bones de cette collection. Le dessin de Bernard Khattou reste toujours efficace, même pour les scènes les plus gore, et son squale survitaminé est véritablement menaçant et pourrait être terrifiant si quelqu’un se mettait en tête d’adapter ces Dents de la mer radioactives.
Les trois tomes de Bikini Atoll remplissent sans conteste le contrat passé entre Christophe Bec et le lecteur à savoir plonger ce dernier dans un monde de terreur à la manière des comic books d’EC Comics ou des magazines d’horreur de Warren Publishing.



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