Scénario de J.M. DeMatteis – d’après le comic book de Mark Millar, Dave Johnson et Killian Plunkett – d’après le personnage créé par Jerry Siegel et Joe Shuster – réalisation de Sam Liu
Sortie DVD Blu-ray : 25 mars 2020
Warner Bros. Animation et DC Entertainment
Lorsqu’un gamin, dans un kolkhoze soviétique, montre à son amie Svetlana qu’il possède une super-force et la capacité de voler, cette dernière lui dit qu’il doit mettre ces pouvoirs exceptionnels au service du Parti Communiste. Obéissant au Secrétaire général, celui qu’on appelle désormais Superman devient le héros du Peuple. Tout à la fois symbole de l’homme parfait et arme de destruction massive, il est l’instrument de la politique expansionniste de Staline jusqu’au moment où il découvre les sombres secrets de son mentor.
Depuis le début des années 2000, Warner Bros. Animation et DC Entertainment développent une collection de films d’animation qui joue la carte de l’adaptation de certains des meilleurs titres de la large bibliothèque de DC Comics. Après les divers opus consacrés à la Ligue de Justice, aux Teen Titans et à Batman, c’est Superman qui, à partir de 2018, est passé en tête de gondole avec les versions animées de La mort de Superman (de Jake Castorena et Sam Liu, 2018) et Le règne des Supermen (de Sam Liu, 2019). Ces deux longs-métrages d’animation sont adaptés des Story Arcs homonymes publiés en 1992-1993 dans les séries régulières Action Comics, Superman, Superman : Man of Steel et Adventures of Superman. S’agissant de Superman : Red Son, l’inspiration provient cette fois d’un titre un peu spécial puisqu’il s’agit de la mini-série en trois épisodes scénarisée par Mark Millar (Kick-Ass : The New Girl chez Image Comics), en 2003, sous le label Elseworlds de DC Comics (1).
Bien évidemment, l’adaptation de Superman : Red Son simplifie le récit de Millar mêlant références politiques et clins d’œil aux super-héros, mais on retrouve bien, aux côtés du Superman soviétique, les versions divergentes de Lois Lane, Lex Luthor, Jimmy Olsen, Wonder Woman, Green Lantern et Brainiac. Le scénario de J.M. DeMatteis laisse une bonne place à l’affrontement entre Superman et son bizarre clone conçu par LexCorp. Il met aussi en avant la lutte pour la liberté menée par un Batman russe. S’il élude quelques combats avec des super-vilains ou les Amazones, il se concentre sur l’essentiel et donne à Superman : Red Son un équilibre idéal entre l’action et la réflexion sur les dangers du pouvoir absolu. Le sacrifice final de Superman vient conclure en beauté ce long-métrage d’animation, même si la conclusion des comic books de Millar offre une fin maligne qui est également un recommencement. Ces différences permettent d’apprécier tout à la fois le visionnage de Superman : Red Son et la lecture ou la relecture de la mini-série du label Elseworlds de DC Comics.
Note :
1 - La collection Elseworlds a déjà servi de source aux animateurs de Warner Bros. Animation avec l’excellent Batman : Gotham by Gaslight (de Sam Liu, 2018), inspiré du roman graphique homonyme de Brian Augustyn, Mike Mignola, P. Craig Russell et Eduardo Barreto, publié en 2006.





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