Express RETRO COMICS : Icon n° 1


Scénario de Dwayne McDuffie – Dessins de M.D. Bright – Encrage de Mike Gustovich – Couleurs de Rachelle Menashe, James Sherman et Noelle Giddings – Couverture de Denys Cowan et Jimmy Palmiotti
May 1993 – 36 pages
Éditeur : DC Comics/Milestone (USA) – dccomics.com

Le personnage de Superman a souvent été imité, mais rarement égalé. Cela commence dès 1939 avec le Captain Marvel des Fawcett Comics et le phénomène se perpétue à travers différents « hommages », « clins d’œil » ou « inspiration ». Bien évidemment, lorsqu’un auteur tel qu’Alan Moore (Watchmen, DC Comics en 1986-1987) reprend le Supreme « créé » par Rob Liefeld (Younblood, Image Comics), il y impose sa vision des super-héros et lui donne une réelle dimension critique. Tout comme Warren Ellis (Transmetropolitan, Vertigo de 1997 à 2002) détourne les codes super-héroïques en jouant avec les simples clones de Superman et de Batman que pourraient être Apollo et Midnighter s’il ne leur insufflait un surplus d’humanité. Et, parmi tous les rivaux de Superman, il en est un qui mérite quelques lignes supplémentaires : Icon.


Dans les années 1990, constatant la sous-représentation des minorités dans les pages des comic books publiés par les Big Two, plusieurs artistes se réunissent pour créer Milestone Media. Dwayne McDuffie (1962-2011), bien connu pour ses travaux chez DC Comics et Warner Bros. Animation, est le rédacteur en chef et l’un des principaux scénaristes des titres lancés sous le label Milestone, mais éditée et distribuée par DC Comics. De nouveaux héros envahissent alors les rues de Dakota City, une ville fictive qui ressemble à toutes les métropoles américaines. Si certains d’entre eux sont blancs comme le très inquiétant Kobalt, la majorité sont afro-américains, hispaniques ou issus de minorités non visibles. Ce monde a bien évidemment son Superman et il est noir. Il s’appelle Icon. Comme son modèle, Arnus est un extraterrestre, mais il n’a pas forme humaine en arrivant sur Terre, en 1839, quelque part dans le sud des États-Unis. Son corps copie les caractéristiques de la première personne qu’il rencontre, Miriam, une esclave dans une plantation de coton, le transformant en un bébé que la jeune femme adopte. Dès son arrivée, le visiteur se fait une idée de « l’humanité » des habitants de la planète bleue. Quasiment immortel, doté d’une super-force et capable de voler, il vit pourtant une vie tranquille loin des conflits et de la métropole, sous l’identité d’Augustus Freeman (dont la traduction littérale est homme libre...), jusqu’au jour où des petits malfrats tentent de le cambrioler et même de le tuer. Il les fait fuir en utilisant ses pouvoirs et, à sa grande surprise, Raquel, l’un de ses agresseurs, revient le voir pour le persuader d’endosser le rôle de protecteur de Dakota City. Convaincu par son discours un brin idéaliste, Augustus devient Icon et fait de Raquel sa coéquipière sous le nom de Rocket. Même si Icon est et reste un comics dédié à l’action où un super-héros affronte des vilains, Dwayne McDuffie y ajoute un aspect social et sociétal le plus souvent à travers des personnages secondaires empruntés au réel. L’aventure d’Icon s’est terminée en 1997, après 42 épisodes. Le super-héros de Dakota a cependant eu l’occasion de croiser Kal-El dans un cross-over intitulé Worlds Collide en 1994, et, dans une continuité revue, il aide la Justice League of America à vaincre Starbreaker en 2009. Il a depuis disparu des radars, mais reste un avatar de Superman des plus intéressant et a peut-être servi de modèle à Val-Zod le Superman noir apparu dans la série Earth Two en 2014.

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