COMIC BOOK : Faithless II n° 1



Scénario de Brian Azzarello – Dessins, encrage, couleurs et couverture de Maria Llovet
June 2020 - 36 pages
Éditeur : Boom! Studios - boom-studios.com

Passionnée de peinture et de magie, Faith a lancé, en toute innocence quelques invocations qui ont eu une conséquence surprenante. En effet, suite à ses incantations, elle a rencontré deux personnes aux charmes vénéneux, Poppy et son père Louis, alias le Diable et sa fille. Ils vont l’initier à la découverte du plaisir par le sexe, toutes les formes de sexe.


Lorsque Brian Azzarello se lâche, cela donne une œuvre d’un érotisme sulfureux, Faithless, dont les six premiers épisodes ont été publiés d’April à September 2019, par l’éditeur indépendant Boom Studios!. Après avoir surpris lecteurs et critiques, Faithless revient avec un acte II qui, dès son premier numéro, retrouve la sexualité charnelle et intime de la première mini-série. Azzarello, c’est le scénariste de l’excellent 100 Bullets (illustré par Eduardo Risso, avec des couvertures de Dave Johnson) et d’un joli run sur Hellblazer (mis en images par Richard Corben, avec Tim Bradstreet aux couvertures) pour Vertigo, au début des années 2000. C’est aussi l’auteur de Batman Damned (avec Lee Bermejo au dessin), pour le DC Black Label, en 2018, une trilogie devenue célèbre par une case laissant apercevoir le matériel peu conventionnel du Batman qui entraîna un retrait de la première édition du titre. Lassé par l’indispensable autocensure, voire la censure, imposée par DC Comics, Azzarello s’offre, avec Faithless, un espace de totale liberté chez un éditeur habitué de ce genre de coups éditoriaux. Cette petite maison d’édition, basée à Los Angeles, a ainsi publié The Woods (2014-2017) et Something is Killing the Children (depuis 2019), deux séries écrites par James Tynion IV, l’un des scénaristes réguliers du Batman pour DC Comics.


Mais, que serait le texte de Brian Azzarello sans le dessin de Maria Llovet. Artiste complète, la jeune femme se charge tout à la fois du crayonné, de l’encrage et de la colorisation. Dans un style plus européen que comics, la dessinatrice catalane donne vie au récit d’Azzarello à travers des illustrations où les personnages s’intègrent totalement aux décors ou à l’absence de décor, selon ce qui doit être mis en avant, la situation ou les sentiments. Sa mise en couleurs douce, tout en subtilité, vient rehausser son trait réaliste sans l’éclipser. Llovet se charge également de la couverture régulière de ce premier numéro Faithless II, alors que celles de la première mini-série avaient été confiées à Paul Pope (Heavy Liquid, Vertigo en 2001). Même si Faithless ne bénéficie pas encore d’une édition française, on peut apprécier l’art de Maria Llovet dans divers albums publiés en France : Linked : Starchild (Les Humanoïdes Associés en 2009), Eros Psyché (Emmanuel Proust en 2011) et Heart Beat (Ankama, 2017).


Attention, Faithless et sa suite sont des œuvres à ne pas mettre entre toutes les mains. À réserver à un public averti.
 

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