Son nom restera à jamais associé à la Balade au bout du monde, un chef d’œuvre de la bande dessinée des années 1980, Laurent Vicomte s’est éteint le 9 août 2020, à l’âge de 64 ans.
Au milieu des années 1970 que le jeune Laurent Vicomte fait ses premiers pas dans le monde de la BD grâce aux célèbres Cartes blanches du Journal de Spirou qui, comme leur titre l’indique, laissent, sur deux pages, carte blanche aux auteurs maison, mais accueillent aussi dessinateurs amateurs et artistes en herbe. Laurent Vicomte apparaît ainsi deux fois au générique des Cartes blanches dans Spirou n° 1938, en 1975, et n° 1983, en 1976. Mais, son premier travail régulier, il le trouve en montant à Paris et en rejoignant la rédaction d’un tout nouveau magazine pour la jeunesse branché nature et écologie, Pistil, lancé en 1977, où il dessine les gags Ainsi futile, Édouard et Lucie et Clopin, et croise un certain Pierre Fournier alias Makyo qui y signe Les Polluks. Les deux auteurs s’associent pour créer Balade au bout du monde, une série fantastique dont le héros joliment baptisé Arthis Jolinon disparaît au cœur d’un marais brumeux et se retrouve dans une prison moyenâgeuse. Prépubliée dans les pages des publications Glénat, Gomme n° 1 à 9 (en 1981), puis Circus n° 64 à 72 (1983-1984), n° 82 à 89 (1985) et 117 à 123 (1988), le premier cycle de cette saga rivalise avec les best-sellers du moment que sont La Quête de l’Oiseau Temps de Serge Le Tendre et Régis Loisel ou Les Passagers du vent de François Bourgeon.
Alors que le succès lui tend les bras avec la suite des aventures d’Arthis Jolinon, Vicomte préfère passer la main et quitter Paris. Il faut patienter neuf longues années pour que l’auteur revienne sur le devant de la scène BD avec Sasmira, un album qu’il porte en lui depuis qu’il a laissé à d’autres le destin de la Balade au bout du monde. Conçu comme la porte d’entrée d’une nouvelle saga fantastique, « L’Appel » paraît en 1997 aux Humanoïdes Associés et il faut attendre 2011 pour que « La Fausse Note » soit publiée par les éditions Glénat. Vicomte signe bien évidemment le scénario de ce deuxième tome, ainsi que les dessins assisté par Claude Pelet. Mis en images par Anaïs Barnabé, les volumes suivants « Rien » et « Une petite note rouge », paraissent respectivement en 2016 et 2018, apportant une conclusion à Sasmira. Artiste discret et intègre, Laurent Vicomte a toujours privilégié l’art sur le mercantilisme. Il laisse derrière lui deux œuvres majeures de la BD franco-belge, le premier cycle de la Balade au bout du monde et Sasmira qu’il faut absolument lire ou relire.




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