BD : Les aventures de Blake et Mortimer tome 27 – Le Cri du Moloch

 


Scénario de Jean Dufaux – d’après le personnage créé par Edgar P. Jacobs – Dessins de Christian Cailleaux et Étienne Schréder – Couleurs de Laurence Croix – Couverture de Christian Cailleaux
Novembre 2020 – 54 pages
Éditeur : Éditions Blake et Mortimer (Dargaud) – dargaud.com

Interné dans un hôpital psychiatrique, Olrik ne reçoit guère que les visites de son meilleur ennemi, le professeur Philip Mortimer. Ce dernier n’a pas perdu espoir de lui faire recouvrer la raison. Au cours d’une de leurs rencontres, Mortimer apprend qu’une nouvelle menace plane sur la planète, un autre Orpheus capable de détruire Londres et le monde entier si personne ne s’interpose.


Sept ans après "L’Onde Septimus" (Blake et Mortimer en 2013) et juste après le diptyque, sans aucun rapport, de "La Vallée des immortels" (Blake et Mortimer en 2018 et 2019), le scénariste Jean Dufaux vient donner la touche finale à son hommage à "La Marque jaune" (Lombard en 1956). Il offre ainsi à celui qui fut l’éternelle Nemesis de Blake et Mortimer, le colonel Olrik, un rôle héroïque plutôt surprenant pour celui qui s’était mis au service de Basam-Damdu chef suprême de l’Empire jaune et responsable de la Troisième guerre mondiale dans le cycle du "Secret de l’Espadon" (Lombard en 1950 et 1953). Et, même s’il n’était que le Guinea Pig du professeur Septimus, c’est bien lui qui terrorise Londres lors de l’affaire de "La Marque jaune". Il est présumé décédé à la fin des "3 formules du professeur Satô" (Lombard 1977 et 1990) qui se situe dans les années 1970 de la continuité des aventures de Blake et Mortimer. "Le Cri du Moloch" nous ramenant dans les années 1950, Olrik est tout naturellement toujours des plus actifs face aux célèbres professeur et capitaine.


Si en soit attendre sept ans pour lire la suite d’une aventure de Blake et Mortimer n’a rien d’exceptionnel (la mort d’Edgar P. Jacobs en 1987 avait laissé les lecteurs des "3 formules du professeur Satô" avec une œuvre inachevée et un insoutenable cliffhanger), découvrir que le 27e volume de la série, se déroulant dans les années 1950, est la conclusion du 22e tome qui à lui-même été suivi par des histoires ayant pour cadre les années 1944-1946 ("Le Bâton de Plutarque"), 1958 ("Le Testament de William S.") et 1940 ("La Vallée de l’immortel") est plutôt perturbant. Il y a aussi quelque chose de déroutant de voir Mortimer et Blake pratiquement relégués au rang de simples spectateurs d'aventures donnant la vedette à Olrik. Succédant à Antoine Aubin qui illustre "L’Onde Septimus", Christian Cailleaux est un excellent dessinateur. On lui doit ainsi une superbe évocation de l’Afrique avec les voyages d’Arthur Blanc-Nègre (Dargaud en 1993 et 1994) et l’impressionnante mise en images Des longues traversées (Dupuis en 2011) de Bernard Giraudeau (1947-2010). Hélas, son trait se plie très mal aux contraintes jacobsiennes. Au sortir de cet album, c’est donc un sentiment de frustration qui domine malgré tous les talents réunis autour de ce "Cri du Moloch".

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