Le nom de Malik est essentiellement lié au Journal de Spirou où il signe les aventures de l’aventurier Archie Cash, dans les années 1970-1980, puis celles du petit angelot Cupidon, dans les années 1990-2010. Son éditeur, Dupuis, annonce son décès, le 11 décembre 2020, dans l’incendie de sa maison à Huppaye, en Belgique. Il avait 72 ans.
Né le 2 janvier 1948, à Paris, William Tai alias Malik passe une partie de sa jeunesse en Indochine (alors colonie française). Il s’installe à Bruxelles dans les années 1970 et devient un collaborateur régulier du Journal de Spirou. Il s’impose d’abord avec un trait réaliste et un héros, Archie Cash, dont la violence détonne quelque peu avec la tonalité générale des productions de l’hebdomadaire belge. C’est Jean-Marie Brouyère (1943-2009) qui signe la majorité des récits d’Archie Cash à qui Malik donne le visage du comédien Charles Bronson. Après quelques histoires complètes, le justicier tout terrain de Malik vit plusieurs aventures au long cours dont la palpitante trilogie regroupant les albums 5 à 7 de la série : « Cibles pour Long Thi » (Dupuis en 1977), « Où règnent les rats » (Dupuis en 1978) et « Le démon aux cheveux d’ange » (Dupuis en 1978), qui entraîne Archie dans un pays qui ressemble à la Thaïlande. Plus fort que Rambo, Archie Cash termine sa carrière en 1987 avec l’ultime chapitre de « Curare » publié dans le numéro 2590 du Journal de Spirou, toujours sur un scénario de Brouyère. Associé à Yves Varende alias Terence alias Thierry Martens (1942-2011), Malik crée un ersatz d’Archie Cash pour les éphémères Éditions des Archers. Il s’agit de Johnny Paraguay qui ne vivra que le temps de deux albums : « La captive du Baron Samedi » (1983) et « Stalnaker » (1985).
En solo ou bien assisté par un scénariste, Malik conçoit diverses séries pour le Journal de Spirou : Blue Bird, Chiwana et Big Joe. Il troque le style réaliste d’Archie Cash pour un trait plus humoristique qui colle beaucoup mieux avec les gags de Cupidon. Cet angelot armé d’un arc parcourt régulièrement les pages du Journal de Spirou, depuis son numéro 2634 (du 5 octobre 1988), pour y répandre l’amour avec plus ou moins de réussite. En effet, s’il est moins gaffeur que Gaston, le petit ange se révèle parfois maladroit au grand dam de Saint-Pierre. Pourtant les véritables fautives sont ses deux papas : Malik et l’indéracinable Raoul Cauvin (L’Agent 212 et Cédric). Les histoires courtes et gags de Cupidon sont réunis dans pas moins de vingt-et-un tomes aux éditions Dupuis (de 1990 à 2009). Le numéro 3799 du Journal de Spirou (du 2 février 2011) marque la dernière apparition de l’archer ailé dans l’hebdomadaire, mais il continue sa carrière en albums chez Joker (« Une copine pour Cupidon » en 2012) d’abord et sous le label Noir Dessin Productions (« Fous d’ailes » en 2013), sous la seule plume de Malik. Parti trop tôt, le dessinateur peut compter sur le meilleur des accueils de la part de Saint-Pierre et Cupidon qui l’attendent au Paradis.




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