In Memoriam : Si Spencer (1961-2021)


Scénariste de télévision pour la mythique série britannique EastEnders pour la BBC et d’un épisode de Torchwood, le spin-off de Doctor Who, Si Spencer a également fait une fort jolie carrière dans le monde de la bande dessinée. Il est parti beaucoup trop tôt, laissant une œuvre aussi intéressante que personnelle.


Britannique, Si Spencer ne fait pourtant pas ses débuts professionnels dans l’iconique hebdomadaire 2000AD, dont il est un lecteur assidu. C’est cependant dans deux publications du même groupe éditorial, Crisis, en 1989, et Revolver, en 1990, qu’il signe quelques histoires complètes mises en images par divers illustrateurs. Hélas, ces deux titres ne parviennent pas à atteindre leur cible et disparaissent prématurément. Le néo-scénariste finit par trouver une certaine stabilité au sein du mensuel Judge Dredd Megazine qui présente des aventures inédites de Judge Dredd et de son univers. Associé au dessinateur Dean Ormston, il crée Harke & Burr, le duo d’« antiquaires » de la Terre Maudite qui fait frissonner les lecteurs entre 1993 et 1995. Avec Kevin Cullen, il imagine ensuite The Creep, le mutant qui hante les sous-sols de Mega-City One de 1993 à 1994, et croise le Judge Dredd dans « A Very Creepy Christmas » (dans Judge Dredd Megazine 2.70 de janvier 1995). En duo avec Ormston, il s’inspire très librement d’Edgar Allan Poe pour « Fall of the House of Esher » (dans Judge Dredd Megazine 2.70) en donnant le rôle principal à l’incontournable Judge Dredd.


Comme bon nombre de scénaristes britanniques, Si Spencer est remarqué par les éditeurs de comic books américains et surtout le label Vertigo de DC Comics. De 2004 à 2005, il signe ainsi, avec Dean Ormston, les quinze épisodes de Books of Magick: Life During Wartime, qui propose une variation du personnage de Tim Hunter, le plus grand magicien de tous les temps imaginé par son compatriote Neil Gaiman. Il écrit également les douze chapitres de The Vinyl Underground, qui mettent en vedette un groupe de détectives de l’occulte londoniens dessinés par Simon Gane, de 2007 à 2008, ainsi que la mini-série Hellblazer: City of Demons, où l’on retrouve le John Constantine créé par Alan Moore, mis en images par Sean Murphy, de 2010 à 2011. Spencer tente ensuite de perdre ses lecteurs à travers le labyrinthe des quatre enquêtes menées dans quatre époques différentes illustrées par quatre artistes : Dean Ormston (1890), Phil Winslade (1940), Meghan Hetrick (2014) et Tula Lotay (2050), dans les huit épisodes de Bodies, de 2014 à 2015. Son ultime collaboration avec le label Vertigo s’intitule Slash & Burn, une œuvre en six parties dessinées par Max Dunbar, en 2016, concluant son impressionnante escapade américaine. Si Spencer retrouve le public anglais avec de nouvelles séries, HAVN, illustrées par Jake Lynch et Henry Flint, en 2017, et The Returners, mis en images par Nicolo Assirelli, depuis 2018, qui poursuivent leurs aventures dans Judge Dredd Megazine.

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