Scénario, dessins et couverture de Clarke – Couleurs de Mathieu Bathélémy
Janvier 2021 – 120 pages
Éditeur : Le Lombard - lelombard.com
D’étranges scarabées géants sèment confusion et chaos sur toute la planète. L’arsenal conventionnel est sans effet sur ces créatures qui modifient la trame temporelle à chaque endroit où elles apparaissent. Dans une tentative de la dernière chance, le gouvernement américain expérimente un traitement sur cinq jeunes afin d’augmenter leur intelligence afin qu’il invente l'arme qui détruira ces monstres.
Né à Liège, en Belgique, le 16 novembre 1965, Clarke s’est fait connaître en illustrant les textes de son compatriote François Gilson dans les pages de l’hebdomadaire Spirou. Ensemble, ils créent Africa Jim, un anti-aventurier dont les gags servent souvent de bouche-trou ou de complément de programme, mais lui permettent d’être régulièrement présent au sommaire du journal de 1992 à 1999. Toujours pour Spirou, ils animent, de 1993 à 2012, les aventures de Mélusine, une jeune sorcière dont l’espièglerie et la maîtrise de l’art magique font d’elle la vedette de pas moins de vingt tomes frais et lumineux, en partie grâce à la mise en couleurs de Cerise. Alors que Gilson continue dans la veine humoristique avec d’autres auteurs, Clarke reste associé à Mélusine, signant tout à la fois les scénarios et les dessins, faisant évoluer le personnage de Mélusine vers des préoccupations plus adultes. Une évolution de l’artiste que l’on retrouve dans ses collaborations régulières au sein des pages du mensuel Fluide Glacial, notamment avec sa série P.38 et bas nylon.
S’éloignant de l’humour qui l’a fait connaître, Clarke développe, depuis 2012 et son arrivée au catalogue du Lombard, une œuvre plus réaliste par le trait et plus angoissante par ses thématiques. Il entraîne ainsi ses lecteurs au plus profond d’univers tout à la fois proches du quotidien et radicalement étranges dans des albums qui explosent les 48 planches standard : Nocturnes (2012), la trilogie des Réalités obliques (2015 à 2018), le diptyque Dilemna (2016) et Les Danois (2018). La plupart de ces récits, sinueux et tortueux à souhait, surprennent par des conclusions aussi inattendues que déconcertantes. Sa dernière production, Akkad, ne déroge pas à la règle. Cette fois, Clarke imagine une fin du monde, qui, malgré des extraterrestres graphiquement impressionnants, n’a rien de spectaculaire. En effet, l’auteur préfère mettre l’accent sur ses personnages, que son trait semi-réaliste et plutôt froid ne cherche pas vraiment à rendre sympathiques. Utilisant l’ellipse et les flash-backs, sa narration peut sembler parfois un peu confuse et complexe, mais le twist final vaut la peine de poursuivre la lecture jusqu’à son terme.




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