RETRO BD : Circus Hors Série n° 48 bis – Spécial Nostalgie


Couverture de François Bourgeon
Avril 1982 – 100 pages
Éditeur : Glénat

Au siècle dernier, la bande dessinée pouvait se consommer en albums, mais aussi sous forme de magazines trimestriels, bimestriels, mensuels ou hebdomadaires, permettant de retrouver de grandes aventures à suivre, des gags et des histoires complètes. Bien installé dans le paysage BD, Circus lance, avec ce hors série 48 bis, une nouvelle tradition de numéro thématique réunissant le ban et l’arrière-ban des auteurs maison. C’est bien évidemment Henri Filippini, homme-orchestre de Glénat, qui présente ce Spécial Nostalgie dans un édito à sa façon.


Ce hors série offre la possibilité à certains artistes de Circus de s’essayer à d’autres types récits en utilisant parfois des techniques nouvelles. Ainsi, Michel Duveaux, qui réalise pour le mensuel des Chroniques provinciales ancrées dans le quotidien pour le mensuel, propose ici un «Peplum», centré sur la nostalgie des films des années 1960, avec une mise en couleur différente de son travail habituel. Tito, dont les œuvres sont déjà empreintes d’une certaine mélancolie (Jaunes, Soledad), use de la gouache pour décrire le «Blues…» de sa jeunesse. Venus de Gomme, «le petit frère de Circus» (dixit Filippini), où ils signent la quête du chevalier Percevan, Philippe Luguy et ses scénaristes Xavier Fauche et Jean Léturgie jouent la carte des «Tranches d’histoire». Présent en tant que scénariste de plusieurs récits complets, pour Philippe Bercovici (Robinson et Zoé) et Pierre Tranchand (Chafouin et Baluchon), François Corteggiani se laisse aller à dessiner cinq pages des aventures de «Loustik», un hommage nostalgique et réussi aux pockets de son enfance. Chaque auteur apporte ainsi une vision plus ou moins personnelle du thème imposé avec un souci évident de qualité et de respect des lecteurs.


Ce numéro spécial est aussi l’occasion de tester de nouveaux dessinateurs sur des histoires courtes. Mako signe «Paul», Beer et Goldman voient «À travers l’écran», tandis que Valentin Strigérius subit une «Possession». Des noms qui n’ont pas brillé «au firmament de la nostalgie des bédéphiles de demain» comme l’espérait alors Filippini. Ce dernier profite d’ailleurs de ce hors série pour rendre hommage à des auteurs de bande dessinée injustement oubliés. On peut ainsi lire une aventure des Mousquetaires du Marquis de Marijac (1908-1994) et découvrir Alain Saint-Ogan (1895-1974), le créateur de Zig et Puce (Éditions Hachette de 1927 à 1952), à travers un court article et une longue lettre de Filippin, occasions de faire part de sa nostalgie pour une époque révolue, celle des Pierrot et Lisette remplacée par celle des Métal Hurlant, Écho des Savanes, Pilote, (A Suivre) et Circus.


Image d'illustration

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