Réalisateur de La Malédiction (1976), des Goonies (1985) et de L’Arme fatale (1987), Richard Donner vient de quitter ce monde à l’âge de 91 ans. Cet homme de cinéma avait encore le projet de réunir une dernière fois Mel Gibson et Danny Glover pour un ultime opus de L’Arme fatale, le destin ne lui en aura pas laissé le temps. Parmi les plus de 80 films et épisodes de séries télévisées que Donner a mis en scène, certains sont intimement liés à l’univers des comic books comme ces segments des Contes de la Crypte ou l’une des meilleures adaptations de Superman (1978) sur grand écran.
![]() |
| Christopher Reeve, Margot Kidder et Jackie Cooper (c) Warner Bros. |
À la fin des années 1970, Richard Donner, qui a derrière lui une longue carrière de réalisateur de séries télévisées (Au nom de la loi, Les rues de San Francisco, Les Mystères de l’ouest), obtient la reconnaissance du monde du cinéma avec le succès commercial de La Malédiction, un film fantastique et horrifique où il fait la preuve de sa parfaite maîtrise des codes du genre. Alors qu’il se prépare à filmer la suite des aventures de l’Antéchrist, le metteur en scène est contacté par les producteurs Alexander Salkind (1921-1997), Ilya Salkind et Pierre Spengler pour diriger le premier film d’une série consacrée au Superman (1) de DC Comics qu’ils comptent produire. Ils disposent déjà d’un scénario signé Mario Puzo (1920-1999), l’auteur du Parrain, et on besoin d’un réalisateur efficace pour lancer leur franchise. Bénéficiant d’un budget à la hauteur, parvenant à tirer le meilleur d’un Marlon Brando (1924-2004), notoirement difficilement gérable, dans le rôle de Jor-El, et ayant trouvé en Christopher Reeve (1952-2004) l’interprète idéal pour le personnage double qu’est le timide journaliste Clark Kent et l’héroïque Superman, Richard Donner réussit à éviter le piège de la parodie. Le reste de la distribution participe à la qualité de ce long-métrage avec Margot Kidder (1948-2018) en Lois Lane, Jackie Cooper (1922-2011) en Perry White et Gene Hackman en Lex Luthor. Donner offre ainsi à voir un film mêlant action et sentiment, avec une subtile dose d’humour. Alors qu’il a déjà mis en boîte une bonne partie de Superman 2, il est écarté de la réalisation suite à des conflits avec les producteurs et Richard Lester le remplace en appuyant le côté humoristique, voire burlesque de scénarios de plus en plus creux. Ce n’est qu’en 2006 qu’il aura la possibilité de proposer son Director’s Cut de Superman 2 où Kryptonien affronte le général Zod (Terence Stamp) et ses séides Ursa (Sarah Douglas) et Non (Jack O’Halloran).
![]() |
| Adam Kubert (c) DC Comics |
À l’aube des années 2000, Richard Donner et sa femme Lauren Shuler Donner créent leur société The Donner’s Company qui participe à la production de la série cinématographique X-Men pour la 20th Century-Fox et ses déclinaisons que sont les Wolverine et les Deadpool, ainsi que Constantine pour Warner Bros. Ces divers longs-métrages sont intimement liées au monde des super-héros et lorsque l’on sait que l’un de ses assistants sur L’Arme fatale 4 s’appelle Geoff Johns, il est tout à fait normal que l’on retrouve Richard Donner associé à toute une collection de comic books consacrés à nul autre que Superman. En 2006, Johns est aux commandes d’Action Comics, l’un des deux titres mensuels dédiés au dernier fils de Krypton. Il fait appel à celui qui fut son mentor pour écrire les runs du «Last Sun» (2) et d’«Escape from Bizarro World» (3). Johns et Donner ramènent autour du célèbre super-héros ses adversaires les plus iconiques, Bizarro, Metallo et Parasite, que Lex Luthor réunit en un escadron Anti-Superman qui deviendra un allié de circonstance pour affronter le général Zod, Ursa, Non et leur armée. Ils lui offrent également avec Christopher, un éphémère fils adoptif venu comme lui de Krypton, qui trouve un réel écho dans le jeune Jon Kent, fils légitime de Clark Kent et de Lois Lane, et actuel Superboy. À l’issue de «The Last Son», le statu quo initial est rétabli. Christopher se sacrifie pour que Zod et les siens réintègrent la Zone fantôme, Lex Luthor est à nouveau l’ennemi mortel de Superman, tout étant redevenu comme avant, cela laisse une totale liberté à Geoff Johns et aux autres auteurs pour imaginer de nouvelles aventures au héros de Metropolis.
![]() |
| Eric Powell (c) DC Comics |
Notes :
1 - Superman (de Richard Donner, 1978), Superman 2 (de Richard Lester, 1980), Superman 3 (de Richard Lester, 1983) et Supergirl (de Jeannot Szwarc, 1984).
2 - Action Comics vol. 1 n° 844 (cover date : December 2006) à l’Annual 11 (cover date : July 2008), avec des dessins d’Adam Kubert mis en couleurs par Dave Stewart. VF Superman volume 3 « Le dernier fils » traduction de Thomas Davier pour Urban Comics, collection Urban Premium (Juin 2016).
3 - Action Comics vol. 1 n° 855 (cover date : October 2007) à 857 (cover date : December 2007), avec des dessins d’Eric Powell mis en couleurs par Dave Stewart.





Commentaires
Enregistrer un commentaire