RETRO BD : Circus Hors Série n° 75 bis – Spécial Couple


Couverture de Jean-Paul Dethorey
Juillet 1984 – 100 pages
Éditeur : Glénat

Trouver le thème d’un numéro hors série est un véritable art qu’a su développer Henri Filippini tout au long de son association avec la revue Circus et les éditions Glénat. Pour ce Spécial Couple, l’historien se fend d’un article intitulé « La B.D. une histoire de couples » mettant en avant les couples à travers les publications de bande dessinée qu’il s’agisse de Jiggs et Maggie de Bringing Up Father, de Popeye et Olive Oil, de Mandrake the Magician et Narda, de Flash Gordon et Dale Arden, et d'autres encore, légitimes ou non.


Après cette entrée en matière plutôt soft et consensuelle, les histoires proposées s’éloignent radicalement de ces couples modèles. La première case du « Couple était presque parfait » de Jan Bucquoy et Marianne Duvivier, le duo responsable de Stone (Glénat de 1984 à 1987), est une paire de fesses. Pour sa part, Alain Mounier, le dessinateur de Le Solitaire (scénario de Roger Brunel – Glénat de 1984 à 1990), livre avec « Hordes » une vision apocalyptique du couple. Échappé des pages du Journal de Spirou, le tandem Cossu-Berthet présente, pour ce « Spécial Couple », un homme et une femme qui partagent vie privée et vie professionnelle plutôt chaude bien éloignée de l’Alceister Crowley d’Antonio Cossu (scénario de Louis Savary – Dupuis de 1985 à 1990) et du Privé d’Hollywood de Philippe Berthet (scénario de José-Louis Bocquet et François Rivière – Dupuis de 1985 à 1990).


Donc, malgré l’introduction érudite de Henri Filippini, les histoires complètes proposées par ce numéro spécial jouent essentiellement la carte du charme, de la sensualité et du cul. Doublement présent au sommaire, Didier Convard, qui a déjà imaginé quelques fins du monde dans les pages de l'hebdomdaire Tintin, notamment avec Les huit jours du diable (Lombard en 1983), donne deux visions de couples plongés dans des civilisations en pleine déliquescence. Il y a d’abord « L’amour après », illustré par Jacques Bonodot (dessinateur de Clotho – scénario de Gérard Dewamme – Glénat en 1989 et 1990), qui présente un couple d’après la bombe, un Adam et une Ève qui hélas sont stériles. Enfin, « L’amour perpétuel », que Didier Convard met lui-même en images, innove avec un couple formé d’un voyageur temporel et sa compagne synthétique, leur amour est éternel, mais le poids des ans rattrape l’homme et pas la machine. Ces deux variations apportent une réflexion bienvenue autour du thème imposé du couple.


Image d'illustration

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