BD : Le dernier Atlas tome 3


Scénario de Fabien Vehlmann et Gwen de Bonneval – Dessins de Hervé Tanquerelle – Design de Fred Blanchard – Couleurs de Laurence Croix – Couverture de Hervé Tanquerelle
Septembre 2021 – 260 pages
Éditeur : Dupuis – dupuis.com

Alors que la France du président François Fillon se remet difficilement de l’incident de Tricastin et que le maintien de l’état d’urgence déclenche des réactions de plus en plus violentes de la population, l’Umo fait son retour. Cette mystérieuse créature géante, que l’intervention du dernier Atlas avait fait disparaître après un affrontement mémorable en Algérie, revient hanter ceux qu’elle a touchés et les enfants nés après son premier passage. La confrontation semble inévitable, mais ceux qui ont vaincu l’Umo sont dispersés.


Encore auréolés du Prix René Goscinny 2020 du meilleur scénario pour le premier tome du Dernier Atlas (Dupuis, 2019), Fabien Vehlmann (Seuls, Dupuis depuis 2006) et Gwen de Bonneval (Bonneval Pacha, Delcourt de 2012 à 2013) parviennent à offrir une conclusion surprenant à cette œuvre au long court, puisque composée de trois albums de plus de 200 planches chacun. Ils entraînent le lecteur dans une uchronie surprenante où la France a été rebâtie, après la Seconde Guerre mondiale, grâce à des robots nucléaires géants, les Atlas. Dans cette trame temporelle, l’Algérie n’a pas obtenu son indépendance en 1962, mais un peu plus tard, et elle devient la cible de ce qui semble être une invasion extraterrestre avec l’arrivée de l’Umo. Vehlmann et de Bonneval profitent de l’espace qui leur est offert pour développer, un peu à la manière des séries télévisées récentes, des intrigues imbriquées et semant, dès le premier volume, les graines de fruits qui ne sont récoltés que dans cet ultime opus. Il est donc plus que conseillé de lire les trois albums dans l’ordre chronologique et de ne pas se contenter de cet ultime tome du Dernier Atlas qui vient apporter une conclusion à cette histoire.


Au-delà d’un scénario entièrement maîtrisé, l’autre point fort du Dernier Atlas est le dessin. C’est Hervé Tanquerelle qui est aux manettes et qui, sur plus de 600 planches, fait la preuve de toute l’étendue de son talent. Depuis ses débuts professionnels à la fin des années 1990, son trait ligne claire a sensiblement évolué. C’est son travail sur les tomes 3 à 5 de la série Professeur Bell (Delcourt de 2002 à 2006), de Joann Sfar, qui le fait connaître du grand public. Il dessine ensuite les aventures un peu folles des catcheurs masqués de Lucha Libre (Les Humanoïdes Associés de 2006 à 2010), imaginés par Jerry Frissen. Sur un scénario d’Appollo et avec une mise en couleurs d’Isabelle Merlet, il met en images le diptyque des Voleurs de Carthage (Dargaud en 2013 et 2014). Épaulé par Fred Blanchard (La malédiction du pétrole, Delcourt en 2020), pour le design des créatures extraterrestres et robotiques, Hervé Tanquerelle impose une ligne claire qui rappelle un peu Jacques Tardi (Le dernier assaut, Casterman en 2016), mais avec une force magnifiée par la colorisation de Laurence Croix (L’homme qui tua Chris Kyle, Dargaud en 2020).
Mêlant politique, polar, fantastique et science-fiction, Le dernier Atlas offre à lire un récit complexe et riche en rebondissements. Plusieurs niveaux de lecture sont possibles, mais ils ne se révèlent que lorsque l’on a accès à l’intégralité de cette histoire.

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