HOMMAGE : B comme Belmondo, B comme BD


Ce lundi 6 septembre 2021, radio, télévision et journaux ont annoncé la mort d’une des dernières véritables stars du 7e art : Jean-Paul Belmondo. Le comédien, qui avait su faire preuve d’un talent tout terrain, passant du polar d’action au cinéma d’auteur avec un égal bonheur, avait une gueule sympathique qui inspira plusieurs créateurs de bandes dessinées.


C’est bien évidemment la popularité de Jean-Paul Belmondo qui a incité un Jean Giraud, alias Gir alias Moebius, encore débutant à donner le visage de l’acteur au personnage principal d’une série western, alors intitulée Fort Navajo, dans le numéro 210 de l’hebdomadaire Pilote, le 31 octobre 1963. Le lieutenant de cavalerie Mike S. Blueberry, né de l’imagination du scénariste stakhanoviste Jean-Michel Charlier (1924-1989), n’a cependant pas conservé les traits de notre Bébel national, même s’ils convenaient bien à cet antihéros peu conventionnel. Au fil des albums, Giraud fait évoluer son style, passant parfois de docteur Gir à mister Moebius ou l’inverse (1), et s’inspire, selon les aventures, d’autres figures du western cinématographique comme Charles Bronson ou Clint Eastwood. Mais, une chose est sûre, le premier visage de Blueberry restera à jamais celui de Jean-Paul Belmondo.


Au début des années 1960, Jean-Paul Belmondo devient un véritable héros d’action avec des films tels que L’homme de Rio (de Philippe de Broca, 1964) ou Cent mille dollars au soleil (d’Henri Verneuil, 1964). Cette popularité attire l’attention des éditeurs italiens d’Elvipress qui lance un fumetti intitulé Goldrake, Agente Playboy qui paraît de 1966 à 1980. Ce petit format met donc régulièrement un Jean-Paul Belmondo plus ou moins proche de l’original en couverture, s’inspirant parfois d’affiches de ses longs-métrages. La ressemblance est encore plus anecdotique pour les dessins de ces aventures d’action, illustrées par des auteurs anonymes, qui laissent la part belle à un érotisme plus ou moins soft. Rebaptisé Godboy, les exploits de cet agent super secret ont été publiés en France par les défuntes éditions Elvifrance (100 numéros parus de 1971 à 1980).


Plus étonnant, on peut, en cherchant un peu, retrouver les traits et surtout l’esprit de Jean-Paul Belmondo dans le héros du manga Space Adventure Cobra. En effet, le mangaka Buichi Terasawa n’a jamais caché s’être inspiré du célèbre comédien français pour créer son personnage d’aventurier de l’espace, Cobra. Malgré une toison blonde, on reconnaît le nez cassé et le sourire espiègle de l’acteur côté physique, mais aussi sa propension à croiser et à séduire de jolies filles. Publiée par le Weekly Shônen Jump de la Shueisha, entre 1978 et 1984, la série de SF a été traduite en France par Dynamic Visions de 1998 à 2003, tout en bénéficiant d’une adaptation en dessin animé.
Jean-Paul Belmondo restera à jamais un éternel héros de cinéma et, un peu, de bandes dessinées.


Note :

1 - Le critique et historien de la BD Numa Sadoul a réuni une série d’entretiens avec le dessinateur sous le titre Docteur Moebius et mister Gir (Casterman en 2021).
 

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