Scénario d’Éric Giacometti – Dessins et couverture de Philippe Francq – Couleurs de Bertrand Denoulet et Philippe Francq – Couverture de Philippe Francq
Novembre 2021 – 48 pages
Éditeur : Dupuis, collection Repérages – largowinch.com
Le Groupe W a des usines partout à travers le globe. En tant que grand patron, Largo Winch ne peut toutes les connaître. Cependant, alerté par une ONG, le multimilliardaire découvre avec horreur qu’une de ses filiales en Indonésie emploie des enfants dans les mines d’étain qui permettent de fabriquer des composants pour Smartphones. Prenant conscience de ses responsabilités, il décide de faire évoluer le Groupe W vers des valeurs plus éthiques.
Après trois ans d’attente, voici que débute un nouveau diptyque de Largo Winch qui se conclut, provisoirement, par un cliffhanger dont Éric Giacometti et Philippe Francq ont le secret. Ayant véritablement fait sien le personnage imaginé par Jean Van Hamme, Giacometti, en bon ancien journaliste économique, actualise complètement les aventures de son héros en introduisant des éléments d’actualité. On retrouve ainsi, en vrac, le scandale sans cesse renouvelé du travail des enfants, les préoccupations écologiques (qui conduisent parfois au greenwashing), le mouvement #me too, les start-ups et le tourisme spatial. Autant d’ingrédients que le scénariste dose avec justesse pour offrir à ses lecteurs un récit prenant, documenté, mais jamais ennuyeux grâce à de petites touches d’humour bienvenues, souvent à travers Simon Ovronnaz, comic relief idéal.
Le dessin de Philippe Francq est toujours aussi impressionnant, tout particulièrement sur les première et dernière pages de cet album qui plongent Largo Winch au cœur de l’espace. Mais le dessinateur réussit également à composer des images-chocs sans avoir besoin de décors infinis, comme cette apparition d’un Largo Winch messianique entouré d’enfants devant Simon, Suky et les responsables de la mine médusés. Le succès de Largo Winch doit beaucoup à la qualité du trait de Francq qui parvient à propulser ses lecteurs d’un bout à l’autre de la planète, et au-delà, en une seule case, sans pour autant faire perdre leur humanité à des personnages que l’on a appris à aimer au fil des tomes et du temps. Et même si #me too est passé par là, Simon Ovronnaz reste un éternel Don Juan et Largo un véritable héros au cœur pur. Vivement la suite.




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