RETRO BD : Circus Hors Série n° 122 bis – Spécial La BD torride


Couverture de Boris Vallejo
Juin 1988 – 196 pages
Éditeur : Glénat

Même si la couverture annonce fièrement trente récits complets, ce hors série de Circus a des allures de fin de règne. Une impression de remplissage forcé autour d’un thème qui veut tout dire et ne rien dire à la fois, la BD torride, permettant de faire de ce numéro spécial un fourre-tout indigeste malgré les indéniables qualités artistiques de la majorité des auteurs présents au sommaire.


Comme c’est devenu une habitude, Henri Filippini joue ainsi les historiens pour présenter les maîtres de « L’humour coquin », ces artistes spécialisés dans les courbes féminines qui profitaient des pages d’humour définitivement disparues des France Dimanche, Ici Paris et autres journaux de la presse populaire d’antan. Avec une réelle nostalgie, il présente une sélection d’illustrateurs oubliés, même si certaines de leurs œuvres ont marqué les rétines de nombreux ados prépubères aujourd’hui préretraités. Le premier cité est un certain René Caillé, mais c’est le second qui est certainement le plus connu puisqu’il s’agit de Georges Pichard (1920-2003) qui travailla pour Le Rire et V Magazine. On découvre ensuite les travaux de Lassalvy (1932-2001), Piédoue, Hoviv (1929-2005), Gondot, Kiraz (1923-2020) et Henry Blanc (1921-2013), pour la plupart définitivement tombés dans l’oubli.


L’effet de remplissage et de je-m’en-foutiste de ce numéro sont d’autant plus flagrant que plusieurs histoires déjà parues dans des Circus bis aux thématiques différentes se retrouvent dans ce spécial BD torride.. C’est le cas, par ordre d’apparition à l’image du « Sale rat de l’opéra » de Frank Giroud et Dominique Gelli (106 bis de février 1987), de « Super Star » de Daniel Bardet et Patrick Jusseaume (91 bis de novembre 1985), « Le septième homme » de Giroud et Jean-Paul Dethorey (67 bis de novembre 1983), « Sortie des artistes » de Rodolphe et Alain Bignon (94 bis de février 1986), et « Hécatombe à Beyrouth » de Laurent et Lucien Rollin (109 bis de mai 1987). Fort heureusement, certaines histoires valent le détour comme les récits pas si torrides que ça de Jaime Hernandez (« Mecanicos-Mechanics ») et de son frère Beto Hernandez (« Radio Zero »). Pour finir, les Espagnols El César et José-Luis Galiano donnent une vision redoutablement efficace d'une véritable BD torride à travers leur brève biographie du sulfureux « Marquis de Sade ».


Image d'illustration

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