Bien avant les Grimm Fairy Tales de l’éditeur américain Zenescope Entertainment, les auteurs des fumetti per adulti avaient découvert tout le potentiel des contes pour enfants, si l’on détournait un peu le texte des fabulistes et le physique de leurs héroïnes.
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| Contes Malicieux n° 1 (Elvifrance, 1974) |
En 1972, l’incontournable Renzo Barbieri (1940-2007), associé au scénariste Rubino Ventura (pseudonyme de Giuseppe Pederiali - 1937-2013), au dessinateur Leone Frollo (1931-2018) et à Alessandro Biffignandi (1935-2017) en charge des couvertures, réinventait le célèbre conte des frères Grimm, Blanche-Neige. Reprenant l’intégralité des personnages et le propos de base, le trio plongeait la naïve Biancaneve dans un univers dominé par la luxure et le stupre où la demoiselle faisait son maximum pour préserver sa virginité, avant de devenir accro au sexe après avoir goûté au plaisir de la chose. Elle était entourée par le Roi Kurt, son père, la Reine Naga, sa méchante belle-mère, et le prince Harold, son soupirant. Et, il ne faudrait pas oublier les sept nains rebaptisés, en français, de noms plutôt parlants : Tringleur, Mateur, Rude-Bite, la Branlette, Trouduc, Floppée et Tantine. Ayant, au bout de quelques épisodes, fait le tour du monde de Blanche-Neige, les auteurs développèrent un univers plus fantaisiste et délirant avec des rois, des reines et autres créatures fabuleuses, continuant à conter les aventures sexuelles de Blanche-Neige.
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| Contes Malicieux n° 1 (Elvifrance, 1974) |
Les 94 numéros du fumetto Biancaneve furent publiés par Edifumetto de novembre 1972 à septembre 1978, traduits par Elvifrance dans les 71 numéros de Contes Malicieux, de septembre 1974 à septembre 1980. Leone Frollo imposa, sur les vingt-six premiers épisodes de la série, un trait à la fois réaliste et tout en rondeurs, mettant en avant les atouts de Biancaneve et de ses consœurs, avec des personnages masculins souvent caricaturaux. Il donna un caractère véritablement détonnant aux aventures féérotiques de Blanche-Neige. Pour Ediperiodici, l’artiste avait également mis en images, dans son style tout en courbes, les exploits sanglants de Lucifera, sur des scénarios de Giorgio Cavedon (1930-2001), traduits par Elvifrance. Son dessin se fit plus fin, mais toujours aussi érotique, lorsqu’il dessina Mona Street pour les éditions Dominique Leroy (1). Si le run de Frollo sur les Contes malicieux échappa à la censure, ce ne fut pas le cas des épisodes suivants qui subirent amputations de pages et autres interdictions à l’affichage fort classiques pour les sulfureuses publications Elvifrance.
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| Contes Malicieux n° 68 (Elvifrance, 1980) |
Note :
1 - Les éditions Delcourt ont proposé, dans leur collection Erotix, l’intégrale de Mona Street (dépôt légal : octobre 2011), en un volume de 152 pages.
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| Contes Malicieux n° 23 (Elvifrance, 1976) |
Sources bibliographiques :
Le site elvifrance.fr propose une foule d’informations sur cet éditeur hors du commun.
Dictionnaire mondial de la bande dessinée de Patrick Gaumer (Larousse, 1994) – article sur Leone Frollo.
L’Encyclo des PFA d’Alain Beyrand (Pressibus, 1996).
Encyclopédie de la BD érotique de Henri Filippini (La Musardine, 1999) – articles sur Renzo Barbieri et Leone Frollo.
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| Contes Malicieux n° 46 (Elvifrance, 1978) |
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