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| Terror Special n° 1 (Ediperiodici, 1983) |
À la source des publications Elvifrance, fil rouge de cette année 2022 des BD Chroniques, il y a les fumetti per aduti des éditions Ediperiodici et Edifumetto. Et, à l’origine de cette multitude de titres hantés par l’horreur, la violence et le sexe, il y a des scénaristes à l’imagination débordante et souvent éclectique, comme Pigi.
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| Le Forze del Male n° 1 (Ediperiodici, 1991) |
Né à Rome, le 29 septembre 1944, Paolo Ghelardini fut plus connu sous son pseudonyme de Pigi formé, à la manière de Hergé, sur ses initiales. Après avoir débuté dans le journaliste, il s’orienta vers la bande dessinée en écrivant, pour Ediperiodici, les textes de Messalina, Horror ou Oltretomba. Il s’adapta aux contraintes du genre qui voulaient que la violence et le sexe soient au rendez-vous de chaque histoire. À l’inverse de certains auteurs, il n’imposa pas son style et n’invita pas ses obsessions dans chacun des scénarios qu’il signa, mais aborda les divers récits avec un certain éclectisme, concevant aussi bien de sombres polars, d’effrayantes plongées dans l’horreur ou des pochades humoristiques, ajoutant souvent un twist inattendu. Par exemple, « La part du lion » (1) s’inspirait librement d’une nouvelle de Cornell Woolrich et n’intégrait visiblement des scènes de sexe que pour se conformer aux codes des fumetti per adulti. Publiée dans un Terror Special, cette histoire n’était pas réellement horrifique, Pigi jouant ici sur la base d’un fantastique soft en la personne d’un voyant extralucide, jusqu’à un final plutôt surprenant. Dans « La marque de l’enfer » (2), Pigi donnait le rôle principal à un dessinateur de fumetti dell’orrore dont la compagne était violée et égorgée par un mystérieux vengeur qui était également le personnage central des bandes dessinées de l’artiste. Cette fois, le scénariste invoquait les forces du Mal avec un impressionnant Belphégor qui proposait un fort classique marché faustien au dessinateur.
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| Vartan n° 1 (Furio Viano Editore, 1969) |
On retrouva donc tout naturellement le nom de Pigi associé à quelques épisodes de diverses séries d’Ediperiodici : Goldrake, Bonnie, Terror, Oltretomba Colore, Storie Nere, Storie Blu, Il Montatore et quelques autres. Il passait ainsi, avec le même talent, de l’espionnage à l’horreur, abordant également le polar et l’humour. En 1973, il reprit le scénario de Vartan (3), une série western publiée par Furio Viano Editore. Son héroïne était une fort jolie Indienne blanche de peau et aux cheveux blonds, bien souvent dénudée. Fille d’une princesse sioux et d’un lord britannique, la belle Vartan était graphiquement inspirée par la chanteuse française Sylvie Vartan. Rejoignant le StudiOriga, il écrivit ensuite les exploits tout public du motard Johnny Honda (4) et les aventures beaucoup plus sulfureuses de Pussycat (5), une voleuse diabolique vêtue comme une dominatrice SM. En 1985, il fit partie de l’équipe artistique animant I Predatori (6), une éphémère collection donnant la part belle à divers aventuriers de fiction imaginés pour Ediperidici. Parallèlement à ses activités dans le domaine de la bande dessinée pour adultes, il écrivit également des romans d’espionnage et, dans les années 1990, des BD pour enfants, faisant preuve d’un réel éclectisme.
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| Johnny Honda n° 1 (Universal Productions, 1973) / Safari 118 (Mon Journal, 1977) |
Notes :
1 - « Mai contro le stelle » (« La part du lion ») écrit par Pigi et dessiné par le Studio Montanari a été publié par Ediperiodici dans Terror Special n° 1 (Ottobre 1983) et par Elvifrance dans Série Rouge n° 112 (Septembre 1984).
2 - « Una mano dall'Inferno » (« La marque de l’enfer ») écrit par Pigi et dessiné par Lorenzo Lepori a été publié par Ediperiodici dans Le Forze del Male n° 1 (April 1991) et par Novel Press dans Les Forces du Mal n° 1 (Juillet 1991).
3 - Les 200 numéros de la série Vartan, écrite par Furio Viano, puis par Paolo Ghelardini, et dessinée par Sandro Angiolini, ont été publiés par Furio Viano Editore, entre 1969 et 1977, et partiellement traduits par Elvifrance, 29 numéros entre 1976 et 1978, sous le titre Saga.
4 - Les six numéros de la série Johnny Honda, écrite par Paolo Ghelardini pour le studio StudiOriga, ont été publiés par Universal Productions en 1973 et traduits par Mon Journal, sous le titre Johnny Speed, dans le mensuel de poche Safari n° 116 (Avril 1977) à 127 (Mars 1978).
5 - Les 119 numéros de la série Pussycat, écrite par Paolo Ghelardini pour le studio StudiOrigo, ont été publiés par Edizione Cab de 1975 à 1983.
6 - Les 13 numéros de la série I Predatori, dont Pigi a écrit la moitié des épisodes, ont été publiés par Ediperiodici en 1985 et 1986 et par traduits par Elvifrance dans le cadre de la collection Mafioso entre les n° 41 (Janvier 1986) et 57 (Mai 1987).
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| Pussycat n° 2 (Edizione Cab, 1975) |
Sources bibliographiques :
Le site guidafumettoitaliano.com (en italien) est une source d’informations inépuisable sur la bande italienne.
Le site elvifrance.fr propose une foule d’informations sur cet éditeur hors du commun.
Le site comicbd.fr essaie de dresser la bibliographie la plus exhaustive des auteurs de BD de poche, parmi lesquels Paolo Ghelardini et son alter ego Pigi.
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| I Predatori n° 8 (Ediperiodici, 1986) |
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